Laurent Gbagbo et Guillaume Soro, le 30 juillet 2007 © TF1-LCICette journée de lundi est historique pour la Côte d'Ivoire : son président, Laurent Gbagbo, s'est rendu pour la première fois depuis 2002 à Bouaké, dans le Nord du pays, contrôlé par l'ex-rébellion. Pour célébrer l'événement après cinq ans de partition, Laurent Gbagbo, chaleureusement accuelli, avait décrété la journée fériée et convié sept autres chefs d'Etat africains à une cérémonie officielle, baptisée "Flamme de la paix".
Objectif de cette journée : traduire le climat de réconciliation apparent qui prévaut depuis la signature, le 4 mars dernier, de l'accord de paix entre le président et l'ancien chef des rebelles, Guillaume Soro, devenu Premier ministre. Plusieurs milliers d'Ivoiriens, dont de nombreux partisans du président venus d'Abidjan, se sont ainsi déplacés à Bouaké, remplie d'une ambiance festive rythmée par les concerts et sonos de plein air. Laurent Gbago et Guillaume Soro ont chacun prononcé un discours, avant de mettre le feu à quelques armes pour symboliser le désarmement et la réunification du pays. Le président a affiché sa volonté d'aller "vite" aux élections pour "transformer l'essai" de la réconciliation. Le Premier ministre a, lui aussi, insisté sur l'"unité retrouvée" du pays.
La cérémonie a cependant eu lieu sous haute surveillance, avec plus de 1.600 soldats loyalistes et au moins autant de rebelles chargés de sécuriser l'évènement. Des Casques bleus de l'Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire (Onuci) et des soldats français de l'Opération Licorne étaient également mobilisables aux alentours en second rideau en cas de problème sur place. Cette réconciliation reste en effet encore très symbolique. Le rapprochement n'a pour l'instant pas permis de lever les nombreux obstacles civils et militaires à la réunification ni dissiper les craintes de violences, comme en témoigne l'attentat contre Guillaume Soro le 29 juin à Bouaké.
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