© AFP/P.KovarikDes négociations "très dures". C'est ainsi que Nicolas Sarkozy a qualifié les pourparlers que mènent actuellement l'Union européenne et la Libye pour obtenir la libération des cinq infirmières bulgares et du médecin palestinien. En visite au Centre national du rugby à Marcoussis, dans l'Essonne, le chef de l'Etat a déclaré que "c'est très dur parce que ça fait 8 ans et demi que ça dure", faisant allusion à la durée de détention des six praticiens. Il n'a cependant ni confirmé, ni infirmé l'annonce par une source officielle libyenne de sa venue mercredi en fin d'après-midi. Selon cette source, il devrait rencontrer le leader libyen Mouammar Kadhafi.
En attendant, Sarkozy a eu lundi après-midi des consultations tous azimuts sur le sujet. Il s'est entretenu trois fois avec le président de la Commission européenne José Manuel Barroso, deux fois avec le numéro un libyen, le colonel Mouammar Kadhafi, et une fois avec le président bulgare Guéorgui Parvanov. Selon une source diplomatique européenne, Nicolas Sarkozy aurait promis une modernisation de l'hôpital de Benghazi, dans le nord de la Libye, où travaillaient les infirmières bulgares et le médecin palestinien, en contrepartie de l'obtention du rapatriement des six praticiens en Bulgarie.
Cécilia Sarkozy, elle, se trouvait toujours lundi à Tripoli où elle a rencontré Aicha, la fille du colonel Kadhafi, qui dirige une organisation caritative. L'épouse de Nicolas Sarkozy est arrivée dimanche, aux côtés de Benita Ferrero-Waldner, commissaire européenne chargée des relations extérieures, et du secrétaire général de la présidence française, Claude Guéant, pour accélérer une libération.
La Libye veut une "normalisation complète" de ses relations avec l'Union européenne
La commissaire européenne a eu des entretiens dans la nuit de dimanche à lundi avec des responsables libyens qui ont présenté des conditions pour libérer les cinq infirmières et le médecin bulgares. Le ministre bulgare des Affaires étrangères a d'ailleurs déclaré lundi soir que les nouvelles conditions de la Libye étaient "trop ambitieuses et certaines même inacceptables", sans préciser la nature des demandes.
Selon une source diplomatique dans la capitale libyenne, des responsables libyens ont notamment réclamé une "normalisation complète des relations de la Libye avec les pays de l'Union Européenne dans tous les domaines" ainsi que des garanties pour le traitement des enfants libyens atteints du sida. La Libye exigerait en prime "la réalisation de projets en Libye", dont une autoroute traversant son territoire de sa frontière avec la Tunisie (est) à celle avec l'Egypte (ouest). Tripoli réclamerait également un chemin de fer reliant les ports libyens à des villes africaines, ainsi que la réhabilitation de ses sites archéologiques.
Le rôle de Cécilia Sarkozy en question |
Le secrétaire d'Etat français aux Relations avec le Parlement, Roger Karoutchi, a tenu à préciser le rôle de Cécilia Sarkozy, en visite en Libye. Elle "n'est pas mandatée pour négocier. Elle a un rôle d'intermédiaire", a-t-il dit sur i-Télé. "Ce n'est pas un rôle diplomatique au sens classique." En effet, le déplacement de la première dame de France est critiquée au sein du Parti socialiste. Ainsi, Pierre Moscovici, député PS du Doubs, dénonce pour sa part "la stratégie du coucou" de Nicolas Sarkozy, qui essaie selon lui de récupérer à son profit le travail effectué par ses partenaires européens. "Je vois Sarkozy, via son épouse, et Claude Guéant, un peu en train de faire la stratégie du coucou", a-t-il déclaré. |
(D'après agence)
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