L'arrivée à Sofia des infirmières bulgares, après leur extradition par la Libye (24 juillet 2007) © TF1/LCITout s'est dénoué très vite, mardi matin : tout d'abord, peu avant 7 heures, l'annonce du départ des infirmières bulgares par un communiqué de l'Elysée, alors même que Nicolas Sarkozy qualifiait la veille les discussions avec Tripoli de "très dures" et que les autorités libyennes semblaient décidées à faire monter les enchères. Puis, moins de deux heures plus tard, l'atterrissage à l'aéroport de Sofia de l'avion présidentiel français transportant les ex-prisonnières, avec le médecin d'origine palestinienne condamné en même temps qu'elles. Une foule silencieuse attendait à l'aéroport, dans une ambiance lourde d'émotion.
Dans le même appareil avaient pris place Cécilia Sarkozy, présente depuis dimanche en Libye où elle avait notamment rencontré la fille du colonel Kadhafi, qui dirige une organisation caritative ; Benita Ferrero-Waldner, la commissaire européenne chargée des relations extérieures ; et Claude Guéant, le secrétaire général de la présidence française. Les infirmières sont descendues les premières, accueillies par des bouquets de fleurs ; et ce sont des applaudissements qui ont salué la descente d'avion de l'épouse du chef de l'Etat français. Au cours de la conférence de presse improvisée à l'aéroport, le président bulgare, sans surprise et tout en se réjouissant de ce dénouement, a annoncé qu'il graciait les infirmières.
Qu'a obtenu la Libye ?
Les diverses réactions officielles après cette libération ont toutes souligné l'impact positif d'un tel dénouement sur les relations avec la Libye. Le premier communiqué de l'Elysée, vers 7 heures du matin, associait "le président de la République et le président de la Commission" européenne pour saluer "le geste d'humanité de la Libye". En milieu de matinée, à Paris, Nicolas Sarkozy tenait à son tour une conférence de presse pour se réjouir de la libération des infirmières. "Aucune contribution financière" n'a été versée par la France, soulignait-il (une version toutefois contredite par la diplomatie libyenne), tout en rendant hommage au rôle du Qatar dans les négociations. Et en confirmant sa venue demain en Libye.
Même satisfaction du côté européen : Benita Ferrero-Waldner a affirmé depuis Sofia que la libération des infirmières et du médecin bulgares ouvrait la voie à une nouvelle ère et à un renforcement des relations entre l'UE et la Libye. Le président de la Commission européenne Jose Manuel Barroso a indiqué pour sa part s'être engagé auprès de Mouammar Kadhafi à travailler à une normalisation des relations entre l'UE et la Libye.
Les cinq infirmières bulgares et le médecin d'origine palestinienne avaient été arrêtés en 1999 en Libye et condamnés à mort, après avoir été jugés coupables d'avoir inoculé le virus du sida à 438 enfants libyens dont 56 sont morts. Leur peine capitale a été commuée à prison à vie, mais ils ont pu être extradés conformément à un accord bulgaro-libyen de 1984. On ignore exactement l'ampleur des contreparties obtenues par la Libye pour ce geste.
D'après agence
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