L'arrivée à l'aéroport de Tripoli des infirmières bulgares et du médecin palestinien (24 juillet 2007) © TF1/LCILes réactions en France sont nombreuses mardi, après la libération des infirmières et du médecin bulgares. Premier à réagir, le Parti socialiste a demandé que "la clarté soit faite" sur les "contreparties demandées obtenues par le colonel Kadhafi" en échange de ces libérations. "Le Parlement devra, le moment venu, en être informé : le Parti socialiste y veillera", ajoute le PS.
Se réjouissant du dénouement heureux de l'affaire, le PS estime qu'il "s'agit là, avant tout, d'un succès de l'Europe". "La France s'est elle aussi impliquée dans cette libération, en particulier au moment de la finalisation de la négociation. Le Parti socialiste, tout en se félicitant de ce résultat, s'interroge sur la conduite et l'organisation de la diplomatie française. Il souhaite que soient précisés le rôle et la responsabilité de chacun", indique le PS. Le député socialiste Arnaud Montebourg se demande ainsi "à quoi servent le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner et la secrétaire d'Etat aux droits de l'Homme Rama Yade qui sont dépossédés de leurs propres compétences constitutionnelles au profit de la femme du président de la République".
Pour Marie-George Buffet, secrétaire nationale du PCF, "c'est un immense soulagement pour l'ensemble de celles et ceux qui se sont mobilisés pour leur libération. Il faudra tout de même, dans un second temps, s'interroger sur le rôle de chacun et sur les conditions du règlement pour le moins atypique de cette dramatique situation."
Le PS englué dans "la critique systématique"
Dans les rangs de la majorité, François Sauvadet, président du Groupe Nouveau Centre à l'Assemblée nationale, a dénoncé "l'attitude mesquine et indigne du Parti Socialiste qui a qualifié de stratégie de coucou les démarches engagées par le président de la République. Le Parti Socialiste reste englué dans la critique systématique, alors que la présidence, et c'est son rôle, agit et nous en voyons l'éclatant résultat aujourd'hui". "Les Français peuvent être fiers de cette libération qui doit beaucoup à la diplomatie française dans le prolongement des négociations engagées par l'Union Européenne et à la détermination du président de la République qui s'est impliqué personnellement pour parvenir à ce dénouement longtemps attendu".
Pour François Fillon, c'est "la vision psychologique de la négociation", avec la présence de Cécilia Sarkozy à Tripoli, "qui a permis de débloquer les choses". "L'Union européenne avait beaucoup travaillé à la libération de ces femmes et de ce médecin, mais c'est l'action du président de la République qui a permis de débloquer une situation qui était encore bloquée cette nuit", a dit le Premier ministre. Interrogé sur le rôle de Cécilia Sarkozy dans cette libération, la Premier ministre a indiqué que "cette négociation était très particulière. Il y avait eu déjà huit ans d'effort de la diplomatie française et européenne, sans succès". "Le président Kadhafi ne recevait pas les ministres, ne recevait pas les commissaires européens. Il fallait donc une relation directe entre le chef de l'Etat français et lui, et cette relation s'est instaurée d'abord par leurs conversations téléphoniques et ensuite par la présence symbolique de l'épouse du chef de l'Etat à Tripoli", a-t-il dit.
Bernard Accoyer, le président de l'Assemblée nationale, a déclaré que "la libération des infirmières marque l'implication personnelle très forte du président de la République. Nicolas Sarkozy, qui s'est investi complètement dans cette négociation, depuis son élection. Le rôle de Mme Cécilia Sarkozy, dans ses dimensions humaine et humanitaire, a été très important, en appui des efforts européens qu'il faut également saluer."
La "fin du calvaire" |
Le recteur de la Grande Mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, salue "avec joie et soulagement" la "fin du calvaire" des infirmières et du médecin bulgares. La Mosquée de Paris "prend acte du geste des autorités libyennes après les épreuves" qu'ont subies les infirmières et le médecin dans ce pays. "Nous soulignons l'extrême importance qu'a pris sur ce sujet l'action personnelle de Monsieur le Président de la République et le geste d'une haute portée humanitaire qu'a su déployer Madame Cécilia Sarkozy". De son côté, l'association Ensemble contre la peine de mort, qui s'était mobilisée pour le sort des six soignants bulgares, a comparé leur libération à la fin d'"une prise d'otages étatique". |
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