Nicolas Sarkozy et Mouammar Kadhafi à Tripoli, le 25 juillet 2007 © LCI
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L'Elysée dément être lié à cet accord
Si l'on en croit les révélations d'un haut responsable libyen à Tripoli, la Libye aurait signé jeudi un contrat d'armement avec une filiale d'EADS, pour l'achat de missiles antichar Milan à hauteur de 168 millions d'euros. Ce contrat aurait été signé avec MBDA, le numéro un mondial des systèmes d'armes guidées, filiale d'EADS, a ajouté la même source, précisant qu'il s'agit du premier contrat d'armement signé avec un pays européen depuis la levée d'un embargo européen sur les ventes d'armes à la Libye en 2004. Tripoli aurait conclu un deuxième contrat avec le groupe européen de défense et d'aéronautique EADS pour un système Tetra de communication radio à hauteur de 128 millions d'euros, a ajouté ce responsable sous le couvert de l'anonymat.
Pour l'Elysée, ces contrats n'ont cependant aucun rapport avec la libération des infirmières bulgares. Selon le porte-parole de l'Elysée David Martinon, invité jeudi soir sur LCI, il n'y pas eu "de contrat d'armement signé au moment de la visite" de Nicolas Sarkozy en Libye. Le porte-parole du chef de l'Etat a réaffirmé qu'il n'y a eu aucun "mensonge" sur les accords passés lors de ce déplacement, précisant une nouvelle fois que Tripoli n'avait obtenu "aucune contrepartie" pour la libération des praticiennes. "Si EADS parvient à signer des contrats avec la Libye, tant mieux. J'imagine que c'est vrai mais je ne confirme pas", a-t-il ajouté sur LCI. Il a ensuite estimé que cette visite "très réussie" s'était faite "semble-t-il, pour le plus grand bénéfice des industriels français", tout en ajoutant ne pas être le bon interlocuteur "pour commenter les contrats commerciaux en cours". David Martinon a cependant précisé que l'accord signé par Bernard Kouchner sur place prévoit le financement d'un hôpital destiné à soigner les enfants malades du Sida et un accord général en matière de défense et d'armement.
Le "coeur du sujet" : "l'affaire militaire"
Paris et Tripoli avaient conclu le 25 juillet un mémorandum sur un projet de fourniture d'un réacteur nucléaire civil, permettant le dessalement de l'eau de mer, ainsi qu'un accord dans le domaine militaire, après la libération des infirmières et du médecin bulgares. Mais dans une interview pour le quotidien Le Monde mercredi, Seif al-Islam, le fils du colonel Mouammar Kadhafi, avançait que le "coeur du sujet" entre Paris et Tripoli n'était pas ce projet nucléaire civil, mais "l'affaire militaire". "D'abord, l'accord recouvre des exercices militaires conjoints, bien sûr", expliquait ainsi le fils du dirigeant libyen, acteur clef de l'accord sur la libération des infirmières bulgares. "Puis, nous allons acheter à la France des missiles antichar Milan", révélait Seif al-Islam.
"Ensuite, il y a un projet de manufacture d'armes, pour l'entretien et la production d'équipements militaires", affirmait encore Seif al-Islam. Nicolas Sarkozy avait immédiatement réaffirmé la position française depuis le début de cette affaire, assurant qu'il n'y avait eu "aucune" contrepartie à la libération des infirmières et du médecin bulgares.
D'après agence
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