Arche de Zoé : Les enfants ne sont pas orphelins

le 30 octobre 2007 à 13h31 , mis à jour le 30 octobre 2007 à 21h46

Selon le ministère des affaires étrangères français, la majorité des 103 enfants ont des parents tchadiens, et ne sont pas des orphelins du Darfour.

[Expiré] [Expiré] enfants tchadiens arche de Zoé © AFP - SONIA ROLLEY

"Nous sommes des amis de l'Afrique, pas des criminels"
 

L'incertitude sur l'origine des 103 enfants que l'association l'Arche de Zoé a tenté d'embarquer en France depuis Abéché au Tchad est partiellement levée. Ils sont en majorité "tchadiens avec des parents tchadiens" et non des orphelins du Darfour, au Soudan,  a déclaré mardi un conseiller du chef de la diplomatie Bernard  Kouchner. De son côté, la porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Pascale Andréani, a déclaré à la presse que "selon de premières informations, il y aurait beaucoup d'enfants tchadiens et beaucoup ne seraient pas orphelins". L'association française l'Arche de Zoé affirmait pourtant avoir voulu "sauver" des "orphelins" du Darfour, région du Soudan voisin, en proie à une guerre civile. Elle assure que des chefs de tribu lui avaient garanti que ces enfants venaient bien du Darfour et avaient perdu leurs parents.

Le Quai d'Orsay a par ailleurs reconnu mardi que la justice tchadienne avait bien inculpé 16 Européens, dont les neuf Français arrêtés, mais un nouveau juge d'instruction doit être prochainement désigné à N'Djamena et pourrait requalifier les chefs d'inculpation. Dans la matinée, la porte-parole du Quai d'Orsay, Pascale Andréani, avait déclaré lors d'un point de presse qu'il y avait eu des "incriminations" mais pas encore "d'inculpations" formelles, après l'annonce lundi soir par la justice tchadienne d'inculpations pour "enlèvement de mineurs", "escroquerie" ou "complicité". Dans une mise au point, Pascale Andréani a déclaré plus tard que le juge d'instruction d'Abéché "a bien décidé l'inculpation des 16 prévenus" européens. 

"Bande d'illuminés"

Même si les versions des autorités françaises et tchadiennes sont en totale divergence sur l'actuel statut judiciaire des détenus, Paris s'est vivement désolidarisé de l'association. Nicolas Sarkozy, qui a "condamné" lundi une opération "illégale et inacceptable", a déclaré mardi que la France s'efforcerait de trouver "des accords" avec le Tchad "pour que personne ne perde la face", assurant une nouvelle fois que l'association Arche de Zoé a agi à "tort". Rama Yade a pour sa part évoqué une "bande d'illuminés". Elle a toutefois déclaré mardi que la France défendra "point par point" les droits de ses neuf ressortissants, mais que le responsable de l'Arche de Zoé doit "assumer la responsabilité de ses actes". 

Le ministère des Affaires étrangères a par ailleurs indiqué mardi que les autorités françaises avaient mis en garde contre les activités de l'association l'Arche de Zoé l'avant-veille du démantèlement par les forces de l'ordre tchadiennes de l'opération d'évacuation d'enfants du Tchad. "Le 23 octobre nous avons prévenu la police tchadienne parce qu'il y avait eu des appels" de familles françaises susceptibles d'accueillir des enfants, montrant que "cette association semblait vouloir poursuivre ses projets" de transfert vers la France, a déclaré Pascale Andréani, reconnaissant toutefois que les informations françaises ne portaient pas sur l'opération stoppée deux jours plus tard, dont Paris affirme ne pas avoir eu connaissance à l'époque, mais sur les "projets très généraux" de l'association. Pascale Andréani a également laissé entendre que le transfert des enfants vers l'aérodrome d'Abéché avait été découvert parce que leur convoi avait enfreint le couvre-feu en vigueur dans la région.

Un trafic d'enfants selon le président tchadien

Depuis jeudi, N'Djamena accuse les responsables de l'opération d'"enlèvement" et "trafic" d'enfants. Le président tchadien s'était même demandé si les membres de l'Arche entendaient "vendre" les enfants "aux ONG pédophiles", ou bien "les tuer et enlever leurs organes". Le chef de l'Etat tchadien a toutefois garanti à Nicolas Sarkozy que le futur déploiement d'une force européenne dans l'est du Tchad, voulu par Paris, n'était  pas remis en cause.

En France, les réactions se multiplient. L'avocat de l'Arche, Me Gilbert Collard, a dénoncé la "dimension politique" de l'affaire.  François Hollande a critiqué l'action du gouvernement et suspecté le président tchadien d'utiliser cette affaire pour exercer des pressions "politiques ou financières". (Voir la vidéo). Toujours au PS, les députés demandent au  gouvernement "de s'expliquer sur ce fiasco" qu'est la "douloureuse affaire" de  l'Arche de Zoé. Et pour Marie-George Buffet (PC), les responsables de l'opération "doivent répondre de leurs actes" au Tchad.

De son côté, alors que le collectif Synchro X espère une libération rapide de son photographe, Jean-Daniel Guillou, l'agence de presse Capa réclame la libération sans condition de son reporter, arrêté en même temps que les membres de l'association dont il filmait l'opération (voir des extraits de son reportage). Capa avait été prévenue que l'association préparait une action au Darfour qui paraissait pour le moins "irréalisable" et sur place, le journaliste a émis des doutes sur l'opération.  Le gouvernement français a demandé au Tchad de prendre en compte la "qualité de journaliste" de deux des Français détenus. Message reçu, affirme-t-on dans l'entourage du président tchadien.

Peuvent-ils être jugés en France ?

Des accords bilatéraux signés en 1976 permettraient de faire juger en France les membres de l'Arche de Zoé, mais deux condtions sont nécessaires : la mise en examen par la justice française et l'accord des autorités judiciaires de N'Djamena. A l'heure actuelle, ce texte ne pourrait pas s'appliquer puisqu'ils ne sont pas poursuivis en France. La justice n'a donc aucune raison de les réclamer. Mais la situation pourrait évoluer : le parquet de Paris a ouvert la semaine dernière une information judiciaire contre X. Et une enquête a été confiée à un juge d'instruction "sur la qualification d'exercice illicite d'activité  intermédiaire en vue d'un placement ou d'adoption d'un enfant", a rappelé la garde des Sceaux, Rachida Dati. Mais avant de pouvoir en arriver là, explique-t-on de source proche du  dossier, il faut "laisser le temps à la diplomatie de jouer" en coulisses et  éviter de froisser les autorités tchadiennes.

D'après agence

le 30 octobre 2007 à 13:31
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18 Commentaires

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  • JP, le 30/10/2007 à 17h56

    Mais qu'elle est cette association douteuse qui kinadnape des enfants qui ont leurs parents ? Messieurs les tchadiens gardez ces voleurs d'enfants c'est un cadeau de noël !!!!

  • Christine, le 30/10/2007 à 16h55

    Il ne suffit pas de brandir la carte ONG pour se prévaloir des lois......;;

  • De saint Ecles, le 30/10/2007 à 16h42

    Encore une association de gauche, qui voulait faire venir des enfants tchadiens,pour des bobos de gauches qui voulaient avoir une bonne consience

  • Sandro Guido, le 30/10/2007 à 16h27

    Un gouvernement qui savait que certains de ses compatriotes s'appêtent à commettre des actes risqués et illégaux à l'étranger et n'a rien faire pour l'empêcher est forcément incompétent.

  • Roger, le 30/10/2007 à 16h08

    Je suis désolé pour les âmes bien pensantes, mais si les enfants sont tchadiens avec des parents tchadiens et non pas des orphelins du darfour, il y a bel et bien enlèvement. Le tout est maintenat de savoir quel était le but, mercantile ou autre, toujours est'il qu'à part les journalistes qui ne faisaient que leur travail, tous les autres sont condamnables et je l'espère seront sévèrement punis.

  • Axel, le 30/10/2007 à 16h04

    Mais ou est l'association des droits de l homme", association que l on entend pour un oui ou pour un non et la que c'est vraiement grave ils ne disent rien pathetique

  • Bevaux, le 30/10/2007 à 15h47

    Enlever des gosses, quelle honte! que ne ferai certaine personne pour le fric cela mérite la prison a vie (pensez au parents des enfants )

  • Michel, le 30/10/2007 à 15h42

    Cette histoire n'est pas claire. En particulier avec les chefs soudanais(?). Embuscade.

  • Thierry, le 30/10/2007 à 15h36

    Assistance belgo-française pour le pilote belge ALAIN LALLEMAND LE SOIR mardi 30 octobre 2007, 07:24 Le pilote belge Jacques Wilmart, placé en garde à vue au Tchad, bénéficie à la fois d?une assistance diplomatique via l?ambassade de France ? la Belgique ne dispose pas d?ambassade dans ce pays ? et, telle est du moins le projet, d?une aide consulaire via le consul de Belgique à Tripoli. Ce dernier tentait hier d?entrer directement en contact avec M. Wilmart. Dimanche, un diplomate de l?ambassade de France a pu rendre visite au pilote. M. Wilmart a été autorisé à gagner brièvement son hôtel pour y collecter ses médicaments et un minimum de vêtements. Ainsi, malgré les difficultés liées à la situation tchadienne, le cas de M. Wilmart représente pour le département belge des Affaires étrangères un dossier somme toute classique d?assistance à détenu, dont la stratégie ne pourra être affinée que lorsque seront connues les éventuelles inculpations tchadiennes. L?enjeu est aujourd?hui de permettre à son avocat, Me Xavier Magnée, le meilleur accès possible au suspect. Un accès d?autant plus précieux que M. Wilmart pourrait lui-même avoir été trompé par les organisateurs de l?opération tchadienne.

  • Nadege, le 30/10/2007 à 15h21

    En même temps, cela fait si bien de dire "je fais partie d'une ONG qui qauve les enfants", dans des pays en guerre ou autre. C'est vrai qu'en France il n'y a pas de malheureux dont il faut s'occuper, cela ne fait pas assez bien dans les discussions entre amis, cela peut paraitre minable aux yeux de beaucoup, mais il faudrait d'abord regarder dans la rue en bas de chez soi, avant d'aller voir ailleurs.

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