
Presque dix ans après la création du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) en 1998, son fondateur Hassan Hattab s'est rendu aux autorités algériennes le 22 septembre, a confirmé vendredi soir le ministre algérien de l'Intérieur, Yazid Zerhouni. "Nous considérons Hassan Hattab comme un repenti", a précisé le ministre. "Comme il est concerné par plusieurs dossiers judiciaires, il doit éclaircir sa situation", a-t-il ajouté. Hassan Hattab, connu sous le nom de Abou Hamza, fondateur du GSPC en 1998, s'est rendu aux forces de sécurité pour bénéficier des dispositions de la "Charte pour la paix et la réconciliation nationale'", avance le quotidien algérien arabophone Ech-Chourouk, citant des "sources concordantes".
Cette Charte, approuvée par référendum en septembre 2005 et entrée en vigueur en février 2006, accorde le "pardon" et la grâce présidentielle aux islamistes armés qui déposent les armes. Plus de 2000 détenus pour "terrorisme" ont été libérés en vertu de cette Charte et 300 éléments islamistes armés se sont rendus pour en bénéficier, selon les autorités. Hassan Hattab avait été évincé du GSPC en 2004 par l'actuel "émir" Abdelmalek Droukdel, alias Abou Mossâab Abdelouadoud.
Opposé au rattachement à Al-Qaïda
Le GSPC s'est rallié en septembre 2006 à la nébuleuse d'Oussama ben Laden, devenant la 'Branche d'Al-Qaïda au Maghreb islamique' (BAQMI), qui veut unifier les mouvements islamistes d'Afrique du nord et du Sahel sous son autorité. Selon des analystes algériens du terrorisme, Hassan Hattab s'est opposé au ralliement du GSPC à Al-Qaïda et a dénoncé Abdelmalek Droudkel comme le chef d'un "groupuscule qui cherche à transformer l'Algérie en un second Irak".
Hassan Hattab avait fondé le GSPC en faisant scission du Groupe islamique armé (GIA) pour se désolidariser des massacres de civils que ce dernier commettait et pour concentrer ses attaques sur des cibles policières et militaires. Le GIA avait radicalisé l'insurrection islamiste déclenchée en 1992 après l'annulation des élections législatives remportées par le Front islamique du salut (FIS, dissous).
L'annonce de cette rédition est intervenue dans le cadre d'une rencontre entre les ministres de l'Intérieur français et algérien, Michèle Alliot-Marie et Yazid Zerhouni. Ils ont notamment évoqué à Paris les problèmes de sécurité et de terrorisme et réaffirmé leurs "relations de confiance et d'amitié".
D'après agence
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