Kouchner veut "réconcilier" Paris et Kigali

Par F.A. et A.G., le 02 octobre 2007 à 16h18 , mis à jour le 02 octobre 2007 à 17h36

Alors que la tension entre les deux pays reste vive, le ministre des Affaires étrangères admet que la France a commis des "erreurs" lors du génocide.

TF1 / LCI Bernard KouchnerBernard Kouchner © LCI

Depuis novembre 2006, la France et le Rwanda n'entretiennent plus de relations diplomatiques après leur rupture unilatérale par Kigali. Le pouvoir rwandais proteste ainsi contre l'ordonnance du juge Bruguière qui désigne nommément Paul Kagamé, l'actuel président tutsi, comme le responsable de l'attentat contre l'avion du président hutu de l'époque, Juvénal Habyarimana, le 6 avril 1994. Cet assassinat est considéré comme le déclencheur du génocide perpétré dans la foulée par les Hutus envers les Tutsis.
 
En réplique au rapport Bruguière, Kigali menace désormais de publier sa propre enquête. Celle-ci concluerait  à la responsabilité de Paris, qui aurait soutenu le pouvoir hutu avant et pendant le génocide. Selon une source proche de la DGSE, contactée par LCI.fr, les services de renseignements français soupçonnent d'ailleurs leurs homologues rwandais d'instrumentaliser un certain nombre de relais associatifs en France afin d'accréditer cette thèse.

"Pas le moindre meurtre"
 
Les déclarations du ministre des Affaires étrangères françaises sur le sujet sont donc d'autant plus étudiées à la loupe. Mardi, Bernard Kouchner, interrogé sur Europe 1, a ainsi admis que la France avait commis des "erreurs politiques" lors du génocide. "Mais je n'ai jamais dit et je ne dirai jamais qu'il y a eu participation de l'armée française au moindre meurtre", a-t-il asséné. "La France n'est pas coupable de génocide, et surtout pas l'armée française", a-t-il insisté. "Un génocide a été commis sous nos yeux télévisés et nous n'avons rien  fait !", a-t-il dit, en réaffirmant le bien-fondé de l'opération militaro-humanitaire "Turquoise", de juin à août 1994.
 
Rappelant avoir récemment envoyé une "mission diplomatique" à Kigali, le chef de la diplomatie française, qui a rencontré son homologue il y a quelques jours, a souligné l'importance d'une "réconciliation avec un pays massacré, alors qu'on a compté dans cette histoire", sans être "évidemment les responsables du massacre".
 
L'intervention de Bernard Koucher intervient également quelques jours après la remise en liberté par la cour d'appel de Paris de deux Rwandais réclamés par le Tribunal pénal international pour le Rwanda  Les juges demandent au TPIR un complément d'information avant de se décider à livrer les deux hommes, accusés d'avoir participé au génocide.

Par F.A. et A.G. le 02 octobre 2007 à 16:18
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4 Commentaires

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  • Kamanzi, le 04/10/2007 à 15h17

    Kigali n'a pas besoin d'instrumentaliser des associations françaises pour acréditer la thèse de la participation de la France au génocide des Tutsi du Rwanda. Cette participation est de notoriété publique tout comme le génocide ! Il n'y a qu'en France que les dirigeants politiques ne veulent pas confronter cette réalité. Si Kouchner peut aider les Français à ouvrir les yeux pour voir ce que tout le reste du monde voit, qu'il en soit remercié !

  • Marianne, le 04/10/2007 à 11h42

    Pauvre Mr Kouchner ! coincé entre ce qu'il sait des responsabilités françaises et la Raison d'Etat !! Dans son dernier livre, "La Stratégie des antilopes", Jean Hatzfeld, qui s'est pourtant toujours tenu à distance des polémiques franco-rwandaises, écrit quand même que "localement", des miliciens Interahamwe (les principaux auteurs des massacres) ont été entraînés par des militaires français. N'est-ce pas précisément ça, la complicité de génocide ?????????

  • Payet, le 03/10/2007 à 18h31

    Il été temps que la France " reconnaisse" ces responsabilités face au génocide rwandais. Sa contribution à ce génocide est indéniable. C petit effort du Ministre peut constitué un petit pas vers une réconciliation Franco-Rwandaise.

  • Muriel, le 02/10/2007 à 19h04

    Coupable de n'avoir rien fait, en face du deuxième génocide auquel on assiste, n'est-ce pas déjà un crime contre l'humanité?

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