Bernard Kouchner © LCIDepuis novembre 2006, la France et le Rwanda n'entretiennent plus de relations diplomatiques après leur rupture unilatérale par Kigali. Le pouvoir rwandais proteste ainsi contre l'ordonnance du juge Bruguière qui désigne nommément Paul Kagamé, l'actuel président tutsi, comme le responsable de l'attentat contre l'avion du président hutu de l'époque, Juvénal Habyarimana, le 6 avril 1994. Cet assassinat est considéré comme le déclencheur du génocide perpétré dans la foulée par les Hutus envers les Tutsis.
En réplique au rapport Bruguière, Kigali menace désormais de publier sa propre enquête. Celle-ci concluerait à la responsabilité de Paris, qui aurait soutenu le pouvoir hutu avant et pendant le génocide. Selon une source proche de la DGSE, contactée par LCI.fr, les services de renseignements français soupçonnent d'ailleurs leurs homologues rwandais d'instrumentaliser un certain nombre de relais associatifs en France afin d'accréditer cette thèse.
"Pas le moindre meurtre"
Les déclarations du ministre des Affaires étrangères françaises sur le sujet sont donc d'autant plus étudiées à la loupe. Mardi, Bernard Kouchner, interrogé sur Europe 1, a ainsi admis que la France avait commis des "erreurs politiques" lors du génocide. "Mais je n'ai jamais dit et je ne dirai jamais qu'il y a eu participation de l'armée française au moindre meurtre", a-t-il asséné. "La France n'est pas coupable de génocide, et surtout pas l'armée française", a-t-il insisté. "Un génocide a été commis sous nos yeux télévisés et nous n'avons rien fait !", a-t-il dit, en réaffirmant le bien-fondé de l'opération militaro-humanitaire "Turquoise", de juin à août 1994.
Rappelant avoir récemment envoyé une "mission diplomatique" à Kigali, le chef de la diplomatie française, qui a rencontré son homologue il y a quelques jours, a souligné l'importance d'une "réconciliation avec un pays massacré, alors qu'on a compté dans cette histoire", sans être "évidemment les responsables du massacre".
L'intervention de Bernard Koucher intervient également quelques jours après la remise en liberté par la cour d'appel de Paris de deux Rwandais réclamés par le Tribunal pénal international pour le Rwanda Les juges demandent au TPIR un complément d'information avant de se décider à livrer les deux hommes, accusés d'avoir participé au génocide.
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