Les Français de l'association "Arche de Zoé" retenus au tchad (28 octobre 2007) © TF1/LCILes seize Européens arrêtés jeudi par le Tchad sur des soupçons d'enlèvements d'enfants déguisés en évacuation sanitaire vers la France par l'association française Arche de Zoé ont été inculpés lundi soir à Abéché, dans l'est du Tchad. Devant la justice tchadienne, les neuf Français devront répondre d'"enlèvement de mineurs", "escroquerie" et les sept Espagnols de "complicité".
Le code pénal tchadien prévoit des peines de travaux forcés en cas d'enlèvement de mineurs. Mais les autorités tchadiennes avaient évoqué ce week-end des peines pouvant aller jusqu'à vingt ans de prison. Les seize détenus devraient être transférés mardi vers un lieu encore inconnu - probablement à N'Djamena - pour effectuer leur détention préventive.
"Une bande d'illuminés"
Alors que Madrid a exprimé son "désaccord" sur l'inculpation de ses sept ressortissants, Paris s'est vivement désolidarisé de l'association. Nicolas Sarkozy a "condamné" une opération "illégale et inacceptable" et Rama Yade a évoqué une "bande d'illuminés". L'Arche de Zoé assure pourtant que Paris ne lui a jamais clairement interdit de mener son opération, et dit avoir voulu "sauver de la mort" des "orphelins" de la guerre civile au Darfour, frontalier du Tchad.
Mais pour l'Unicef, l'origine de ces enfants reste encore à déterrminer. "Nous ne savons pas si les enfants sont ou non des orphelins, et nous ne savons pas d'où ils viennent", a déclaré un porte-parole. La justice française soupçonne elle l'Arche de Zoé d'avoir tenté de servir d'intermédiaire illégal dans le domaine de l'adoption et a ouvert la semaine dernière une information judiciaire.
Le journaliste détenu doute de l'opération
Depuis jeudi, N'Djamena accuse les responsables de l'opération d'"enlèvement" et "trafic" d'enfants. Le président tchadien s'était même demandé s'ils entendaient "vendre" les enfants "aux ONG pédophiles", ou bien "les tuer et enlever leurs organes". Lundi, l'avocat de l'Arche de Zoé, Me Gilbert Collard, a dénoncé la "dimension politique" de l'affaire. Le chef de l'Etat tchadien a toutefois garanti à Nicolas Sarkozy que le futur déploiement d'une force européenne dans l'est du Tchad, voulu par Paris, n'était pas remis en cause.
L'agence de presse Capa a réclamé la libération sans condition de son reporter, arrêté en même temps que les membres de l'association dont il filmait l'opération (voir des extraits de son reportage). L'agence avait été prévenue que l'association préparait une action au Darfour qui paraissait pour le moins "irréalisable" et sur place, le journaliste a émis des doutes sur l'opération. De son côté, François hollande a critiqué l'action du gouvernement et suspecté le président tchadien d'utiliser cette affaire pour exercer des pressions "politiques ou financières". (Voir la vidéo)
D'après agence
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