Les 16 Euroépens détenus au Tchad arrivent le 2 novembre 2007 à N'Djamena © TF1-LCILeur transfert s'est déroulé dans le calme, alors qu'on craignait quelque manifestation à leur départ d'Abéché. Les 17 Européens et 4 Tchadiens (2 nouveaux Tchadiens ont été arrêtés vendredi), inculpés et écroués au Tchad pour "enlèvement de mineurs", "escroquerie" ou "complicité" pour avoir voulu, le 25 octobre, embarquer 103 enfants de la région vers la France, ont été transférés vendredi à la capitale, N'Djamena, et incarcérés, après que la Cour suprême tchadienne a dessaisi la juridiction d'Abéché. "S'il n'y a pas d'autre contrainte, leur audition commencera" dès samedi, a indiqué le substitut. Tous risquent une peine allant de 5 à 20 ans de travaux forcés.
Le cas des 3 journalistes français et des hôtesses de l'air espagnoles pourrait toutefois se régler plus vite, le président tchadien, Idriss Deby, ayant "espéré" jeudi leur libération (lire notre article). Selon une source judiciaire, "une demande de libération provisoire" sera "probablement acceptée", en attendant un éventuel non-lieu. "Nous avons pris ces déclarations comme un signe encourageant", a commenté vendredi le porte-parole de l'Elysée, David Martinon, qui fait de leur liébration "la première priorité" de Paris. Et selon Me Collard, Rama Yade a présenté "de manière plus favorable" le sort des journalistes. Le reporter Marc Garmirian (agence Capa) et le photographe Jean-Daniel Guillou (agence Synchro X) étaient en reportage pour couvrir l'opération. Le cas de Marie-Agnès Peleran, journaliste de France 3, est plus délicat car elle était en "congé humanitaire de solidarité".
Collard : Paris "protégera" les membres de l'Arche de Zoé
Le sort des bénévoles de l'association reste en revanche incertain. La secrétaire d'Etat française aux Droits de l'Homme Rama Yade a reçu vendredi après-midi les familles de 8 des 9 Français détenus, la famille du journaliste Marc Garmirian ayant été reçue plus tôt dans la journée. Jusque là, les familles avaient dénoncé le manque d'informations autour de leurs proches.
Selon l'avocat Me Collard, qui a également rencontré Rama Yade, les membres de l'association "bénéficieront maintenant de la protection et du soutien du gouvernement français". "L'attitude du gouvernement, au moment de l'affaire, a été inacceptable. On avait l'impression qu'ils participaient à l'accusation. Maintenant, tout est rentré dans l'ordre", a ajouté l'avocat. "Il ne dépend plus que de nous, que du gouvernement français, de ne pas alimenter la colère du Tchad", a-t-il estimé. Rama Yade "nous a donné la confirmation que dans peu de temps le calme peut revenir", a dit le défenseur.
Sur la partie judiciaire, "nous en sommes au tout début du dialogue", a pour sa part déclaré vendredi matin David Martinon, le porte-parole de l'Elysée, "Nous examinons les textes, nous examinons les accords, et nous voulons que personne ne perde la face".
Arche de Zoé : le document accablant
En attendant, les intentions de l'Arche de Zoé au Tchad continuent de faire polémique. Le Parisien a publié jeudi un ordre de mission, fourni par l'Arche de Zoé aux autorités locales tchadiennes, et dans lequel "il est seulement question d'assistance à des enfants, mais jamais de rapatriement vers la France" (lire notre article).
Le porte-parole de l'Elysée, David Martinon, a aussi redit vendredi matin que Paris avait alerté le Tchad dès le début, aussitôt après que la secrétaire d'Etat aux droits de l'Homme, Rama Yade, a "été approchée par cette organisation". Car "très vite, les services du Quai d'Orsay se sont rendu compte qu'il y avait des doutes" sur l'Arche de Zoé et ses projets "surprenants". "En France, ils parlaient d'adoption sans avoir l'agrément, ils parlaient d'adoption en direction de pays qui interdisent l'adoption", a-t-il précisé. "Ce sont ces éléments-là qui ont été transmis aux autorités tchadiennes".
Retour MYTF1

Chargement en cours...




