Arche de Zoé : des manifestants scandent "à bas Sarkozy" à N'Djamena

le 14 novembre 2007 à 10h08 , mis à jour le 14 novembre 2007 à 13h16

Des voitures abritant des occidentaux ont été prises pour cibles par les manifestants, qui conspuent la France en criant : "La traite négrière c'est fini".

TF1/LCI : Les Français de l'association "Arche de Zoé" retenus au tchad (28 octobre 2007)Les Français de l'association "Arche de Zoé" retenus au tchad (28 octobre 2007) © TF1/LCI

"La traite négrière c'est fini", "le Tchad est indépendant depuis 1960". Les slogans anti-français pleuvent mercredi à N'Djamena, au Tchad, alors que la justice doit statuer sur le sort des six membres de l'Arche de Zoé, accusés d'enlèvement d'enfants. Plus d'une centaine de jeunes tchadiens ont conspué la France, et notamment le chef de l'Etat français, criant : "à bas Sarkozy" devant l'ambassade de France, gardée par des policiers tchadiens, ainsi que devant le palais de justice et l'école française. Ils ont ensuite lancé des pierres sur des véhicules dans lesquels se trouvaient des Occidentaux, avant l'intervention de la police, qui a tenté de disperser le cortège. La porte-parole du ministère des Affaires étrangères français, Pascale Andréani, a, peu après ces événements, recommandé aux ressortissants français d'observer une "prudence renouvelée" à N'Djamena.  
 
Cette manifestation démontre en tout cas le début de radicalisation de l'opinion tchadienne concernant cette affaire, alors que le sort des membres de l'Arche de Zoé, inculpés d'enlèvement d'enfants, est toujours incertain. L'instruction devrait encore durer quelques semaines, bien que les 21 inculpés aient déjà été entendus par le juge. Dans l'immédiat, ce dernier devrait statuer rapidement sur les requêtes de mise en liberté des six membres français de l'association et de trois des quatre  responsables locaux tchadiens incarcérés à N'Djamena, déposées par leurs  avocats. La décision, attendue mardi, n'a finalement pas été notifiée.
 
"J'irai les chercher, quoi qu'ils aient fait"
 
Autre acte de procédure attendu prochainement, la délivrance par le  procureur de la République d'un réquisitoire supplétif pour permettre au juge d'instruction d'élargir son enquête à la compagnie charter espagnole Girjet, qui exploitait le Boeing 757 ayant atterri le 25 octobre à Abéché. Il semble toutefois acquis que le juge ne rendra qu'une fois l'instruction terminée sa décision sur la requête en requalification des faits déposée par les avocats des Français. Le juge doit décider d'un non-lieu total ou partiel, d'un renvoi devant le tribunal correctionnel ou d'une transmission des pièces à la Chambre d'accusation en vue d'un procès criminel.
 
Six membres de l'association L'Arche de Zoé sont toujours incarcérés à N'Djamena pour avoir tenté d'emmener en France 103 enfants à partir  du Tchad. Le président Sarkozy a promis d'aller les "chercher" au Tchad "quoi qu'ils aient fait", avant que la présidence française ne nuance ces propos. Onze autres Européens - trois journalistes français, sept membres espagnols de l'équipage d'un avion affrété pour amener les enfants en France et un pilote belge ayant convoyé une partie de ces derniers de la zone frontalière tchado-soudanaise à Abéché - ont été libérés et ont pu regagner leurs  pays.
 
D'après agence

le 14 novembre 2007 à 10:08
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