Arche de Zoé : pour le pilote belge, les Tchadiens savaient

le 11 novembre 2007 à 22h33 , mis à jour le 11 novembre 2007 à 22h56

Libéré puis rapatrié samedi, il raconte que le plan de vol était suffisamment clair pour que les Tchadiens sachent le but de l'opération de l'Arche de Zoé.

Wilmart Arche Zoé TchadJacques Wilmart, le pilote belge inculpé au Tchad de complicité dans l'affaire de l'Arche de Zoé © TF1-LCI

"J'ai aidé les Espagnols à remplir le plan de vol. Le motif du vol, c'est ‘EVASAN', en langue d'aviation, cela veut dire ‘Evacuation Sanitaire'. Donc, ils étaient parfaitement au courant". Le pilote belge Jacques Wilmart a estimé dimanche soir, dans un entretien à la chaîne de télévision publique belge RTBF, que les Tchadiens connaissaient l'opération controversée de l'association l'Arche de Zoé. "C'étaient des militaires tchadiens qui gardaient l'aéroport, qui nous ouvraient la barrière. Alors on ne peut pas dire qu'on n'était pas au courant, que c'était une mission secrète, et que tout était falsifié. C'est risible. Si ce n'était pas aussi tragique, cela serait risible", a-t-il poursuivi.
 
Jacques Wilmart, 75 ans, s'exprimait depuis sa chambre d'hôpital, où il est soigné pour déshydratation, au lendemain de son arrivée à Bruxelles. Le pilote belge a aussi réaffirmé sa conviction que l'opération de l'Arche de Zoé était juste. Arrêté le 28 octobre à N'Djamena, il avait été remis en liberté provisoire vendredi, en même temps que les trois derniers membres d'équipage espagnols. Ils restent tous formellement inculpé de "complicité d'enlèvement de mineurs" au Tchad.

La requalifiaction des faits pour les Français ?

La justice tchadienne devrait commencer lundi à s'intéresser à la compagnie aérienne espagnole Girjet, dont un appareil avait été affrété par l'Arche de Zoé pour ramener vers la France les 103 enfants de la région frontalière tchado-soudanaise. La justice devrait également étudier la demande de remise en liberté de 3 des 4 Tchadiens encore incarcérés en compagnie des 6 membres français de l'association, ainsi que la demande de ces derniers de requalification des faits.

Ils sont actuellement poursuivis pour "enlèvement de mineurs en vue de compromettre leur état civil" et "escroquerie", crimes passibles de 5 à 20 ans de travaux forcés au Tchad. Leurs défenseurs souhaitent obtenir une inculpation d'"enlèvement et détournement sur mineurs de moins de quinze ans sans fraude ni violence", un délit passible de 2 à 5 ans de prison.

Des enquêteurs français partent pour N'Djamena

Lundi, les magistrats tchadiens devraient manifester leur mécontentement contre les pressions politiques exercées, affirment-ils, sur la justice dans cette affaire. Par ailleurs, des juges d'instruction français, saisis après l'ouverture d'une information judiciaire en France, sont attendus au Tchad "probablement dans la semaine", selon Paris. Dimanche soir, devaient également arriver à N'Djamena deux enquêteurs des ministères français de la Défense et des Affaires étrangères, chargés de faire la lumière sur d'éventuels dysfonctionnements dans ces deux administrations.

le 11 novembre 2007 à 22:33
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