Les Français de l'association "Arche de Zoé" retenus au tchad (28 octobre 2007) © TF1/LCI"Quand nos délinquants se font arrêter chez vous, ils ne sont pas amenés ici". Le message du ministre tchadien de l'intérieur dans les colonnes du Parisien ce mardi est clair : il souhaite que les membres de l'Arche de Zoé inculpés d'enlèvement d'enfants soit jugés au Tchad. "Les faits ont été commis au Tchad. C'est pourquoi ces bandits doivent être jugés et condamnés ici", insiste-t-il. "Notre justice est compétente", assure-t-il, et un procès en France "constituerait une insulte pour le peuple tchadien".
Les membres inculpés de Children Rescue, l'opération controversée montée par l'ONG et destinée à amener en France une centaine d'enfants "doivent aussi purger leur peine dans le pays : qu'ils goûtent à nos prisons !", s'exclame le ministre tchadien de l'Intérieur. "Et, une fois qu'ils auront purgé leur peine nous les expulserons du pays une bonne foi pour toute", affirme le ministre, qui assure que le Tchad va renforcer ses contrôles. "Désormais", les autorités tchadiennes réclameront "un rapport d'activité mensuel détaillé aux organisations humanitaires déjà installées". "La confiance n'exclut pas le contrôle", conclut-il.
"L'Etat a fait son travail"
Revenant sur les circonstances de l'évacuation, Rama Yade déclare mardi dans Le Parisien que les membres de l'ONG ont "multiplié les opérations de dissimulation". "Je pense que les responsables de l'association savaient ce qu'il faisaient et ont tout fait pour contourner le droit et les alertes", insiste-t-elle. "L'Etat a fait son travail dans le respect des libertés, mais en les prévenant que cette opération était irresponsable", ajoute la secrétaire d'Etat. Par ailleurs, Rama Yade "ne voit pas l'utilité" d'une mission d'information au sein du Parlement réclamée par le premier secrétaire du parti PS, François Hollande, "à partir du moment où il y a déjà deux enquêtes judiciaires en cours, au Tchad et en France, et que le ministère des Affaires étrangères et de la Défense vont mener une inspection conjointe".
De son côté, José Luis Rodriguez Zapatero a appelé lundi le président du Tchad Idriss Deby pour lui demander le "meilleur traitement possible" envers les Espagnols encore détenus à N'Djamena. Le chef du gouvernement espagnol a été vivement attaqué lundi par l'opposition conservatrice espagnole qui lui a reproché sa supposée inaction dans cette affaire, l'accusant d'avoir "sous-traité" à la France la politique extérieure de l'Espagne. Le chef du gouvernement socialiste s'est "croisé les bras", pendant que Nicolas Sarkozy "prenait les rênes", a affirmé le Parti Populaire. Le gouvernement s'est défendu lundi des critiques de l'opposition en affirmant qu'il était "logique" que la France, en raison de ses liens privilégiés avec le Tchad, mène les discussions avec N'Djamena.
"Prête à rendre des comptes" |
La journaliste de France 3 Méditerranée Marie-Agnès Peleran a indiqué lundi qu'elle serait auditionnée mardi par la police française et qu'elle était "prête à rendre des comptes" sur son activité au Tchad aux côtés des membres de l'association. La journaliste, qui est revenue du Tchad avec deux autres journalistes en compagnie du président Nicolas Sarkozy, a souligné qu'elle se trouvait au Tchad à un double titre, d'abord comme journaliste pour réaliser un reportage sur les activités de l'association, mais aussi pour accueillir éventuellement l'un des enfants tchadiens réunis par l'Arche de Zoé. Elle a reconnu s'être "posé des questions" à plusieurs reprises sur la volonté de l'association de ramener les enfants en France sans que leurs proches au Tchad en aient été informés, mais qu'elle avait décidé de rester sur place pour poursuivre la réalisation de son reportage. |
D'après agence
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