Dans l'enfer des geôles libyennes

le 08 novembre 2007 à 19h13 , mis à jour le 08 novembre 2007 à 21h02

Quatre des infirmières bulgares, ainsi que le médecin détenu avec elles en Libye, ont raconté leurs tortures devant la commission d'enquête parlementaire.

Infirmières bulgares lors de leur audition devant une commission d'enquête parlementaire en France (8 novembre 2007)Infirmières bulgares lors de leur audition devant une commission d'enquête parlementaire en France (8 novembre 2007) © TF1/LCI

C'était la première séance d'auditions de la "commission Libye", formée pour enquêter sur les conditions de la libération des soignants bulgares détenus à Tripoli. Une libération à laquelle a participé Cécilia Sarkozy, et sur laquelle se posent toujours des questions concernant d'éventuelles contreparties consenties à la Libye. Premiers auditionnés ce jeudi à l'Assemblée nationale : le médecin et quatre des infirmières bulgares libérés de Libye. Tous ont décrit devant la commission d'enquête parlementaire "l'enfer sur terre" qu'ils ont vécu dans les geôles libyennes. "Notre vie a été déformée, notre vie à été détruite", a notamment déclaré le docteur Achraf Joumaa Hajouj d'une voix chargée d'émotion. Il a évoqué les tortures - "chocs électriques, agressions sexuelles" - qu'il a subies et la "parodie" des procès où ses codétenues et lui-même ont été condamnés à trois reprises à la peine de mort.

Il a expliqué avoir signé des aveux la dernière année "pour sortir de cet enfer". "Ces tortures étaient là pour nous faire avouer des choses que nous n'avons jamais faites", a dit l'une des infirmières, Nassia Nenova. Les ex-otages de Libye ont également parlé des cas de tortures envers d'autres prisonniers auxquels ils ont assisté durant leur détention. "Nous avons passé dans les postes de police 14 mois. Pendant cette période, nous avons vu des cas de torture avec des chocs électriques, j'ai vu une personne obligée de s'asseoir sur une bouteille", a indiqué le Dr Hajouj. "J'ai vu des tortures sur des ressortissants libyens, un enfant de 14 ans battu. La police torturait des personnes avec un chien qui les mordait", a expliqué Mme Nenova.

Remerciements à l'Europe... et à Cécilia Sarkozy

Les soignants ont longuement remercié l'Europe, la France et le président Nicolas Sarkozy pour leur rôle dans leur libération. Snejana Dimitrova a lancé un vibrant hommage à l'ex-épouse du président, Cécilia, pour son rôle dans leur libération. "C'est une femme extraordinaire, spéciale, et je lui serai reconnaissante toute ma vie", a-t-elle dit. Le médecin a cependant exprimé sa déception quant à la prochaine visite à Paris du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, qualifié de "deuxième pharaon sur terre".

Les infirmières ont indiqué par ailleurs ne pas avoir d'informations sur les négociations ayant abouti à leur libération et sur d'éventuelles contreparties. "Il y a une sorte de mystère autour de nous. Quels sont les accords conclus entre la France et la Libye ? Nous sommes les dernières à pouvoir vous répondre ici", a déclaré Mme Nenova. "Je me sens comme au début de mon procès" en Libye, a-t-elle également souligné, semblant sur ses gardes devant les députés. "Nous ne sommes pas des juges, nous voulons juste connaître le drame que vous avez vécu", a répondu le président de la commission Pierre Moscovici (PS) pour la rassurer.

D'après agence

le 08 novembre 2007 à 19:13
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