L'arrivée à Paris des journalistes libérés par la justice tchadienne (4 octobre 2007) © TF1/LCI| Les images du retour des journalistes |
| Ce que deviennent les autres détenus : la réaction de Me Collard |
C'est vers 23h30 dimanche, et après une escale à Madrid, que l'avion présidentiel ramenant du
Tchad les trois journalistes français inculpés dans l'affaire de l'Arche de Zoé s'est posé à l'aéroport militaire de Villacoublay, près de Paris. Lors de son bref arrêt en Espagne, pour déposer les quatre hôtesses de l'air espagnoles également inculpées et libérées par la justice tchadienne, l'appareil était attendu par le chef du gouvernement espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero, et par le ministre des Affaires étrangères, Miguel Angel Moratinos. Aux côtés du Premier ministre espagnol, le président français a précisé devant la presse que Paris et Madrid travaillaient "depuis le début la main dans la main" pour "trouver une issue satisfaisante à cette lamentable affaire".
Mais Nicolas Sarkozy et José Luis Zapatero ont aussi, de concert, remercié le président tchadien pour son "aide et sa compréhension", ainsi que son "attitude positive" dans l'affaire de l'Arche de Zoé. Peu auparavant, au cours de son voyage express au Tchad, le chef de l'Etat français avait déjà assuré : Idriss Deby Itno peut "compter sur ma reconnaissance et mon amitié". Ce qui ne l'avait pas empêché, au cours de sa visite de deux heures, menée tambour battant, de s'inquiéter du sort des autres inculpés. Il a notamment souhaité que les ressortissants français "soient jugés en France", tout en réaffirmant sa "confiance" dans la justice tchadienne.
Des magistrats tchadiens dénoncent des "pressions politiques"
Autre point de tension évoqué : le président Deby a assuré à nouveau dimanche qu'il ne remettait pas en cause le prochain déploiement d'une force européenne, voulue par la France, dans l'est du pays limitrophe du Darfour, contrairement à l'intention qui lui en était prêtée. Quant à Nicolas Sarkozy, il a souligné que "l'équipée assez lamentable" de l'Arche de Zoé "n'a rien à voir avec le déploiement de la force européenne".
Cette libération très médiatique a cependant eu un tout autre impact au Tchad, où six bénévoles français de l'Arche de Zoé, le pilote, le copilote et un steward espagnols de l'avion qui devait transporter en France les enfants, un pilote belge et quatre responsables de l'est du Tchad, sont toujours incarcérés et doivent être entendus par le juge d'instruction. Les journalistes et hôtesses revenus dimanche soir en Europe avec Nicolas Sarkozy ayant été libérés au moment où le chef de l'Etat arrivait dans la capitale tchadienne, de nombreux magistrats tchadiens qui ont dénoncé des "pressions politiques".
Ces sept personnes restent toutefois poursuivies pour "enlèvement de mineurs", "escroquerie" ou "complicité", comme les dix Européens et quatre Tchadiens toujours incarcérés à N'Djamena. Les inculpés encourent au Tchad entre 5 et 20 ans de travaux forcés. En France, une information judiciaire visant les activités de l'Arche de Zoé a également été ouverte le 24 octobre.
D'après agence
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