Le Parisien du vendredi 2 novembre © TF1/LCILes intentions de l'Arche de Zoé au Tchad continuent de faire polémique. Le Parisien publie ce jeudi un ordre de mission, fourni par l'Arche de Zoé aux autorités locales tchadiennes, et dans lequel "il est seulement question d'assistance à des enfants, mais jamais de rapatriement vers la France".
Il y aura un procès de l'Arche de Zoé en France
Six membres de l'Arche de Zoé, dont son président Eric Breteau, soupçonnés d'avoir tenté d'exfiltrer 103 enfants du Tchad vers la France en octobre 2007, ont été renvoyés devant le tribunal.
Publié le 22/10/2010
"L'association l'Arche de Zoé a-t-elle volontairement camouflé ses véritables intentions une fois arrivée sur le sol tchadien?", s'interroge le quotidien. Au Tchad, Children Rescue, qui d'après le quotidien est la même association que l'Arche de Zoé, avait pour mission de "créer un centre médical pour enfants à l'est du pays". Quid dans ce cas de la mission affichée en France de "sauver de la mort des enfants du Darfour" en les rapatriant sur le territoire français ?
L'Elysée redit avoir prévenu le Tchad
Les autorités tchadiennes se disent trompées. Le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, interrogé par Le Parisien, affirme : "Sur le papier, leur intention de départ était très noble. Nous leur avons donc immédiatement donné toutes les autorisations. Nous avons donc été surpris de constater qu'ils étaient venus pour faire autre chose". "Nous ne pouvions pas imaginer un seul instant qu'une organisation humanitaire puisse organiser le rapt d'enfant", ajoutet-il.
De son côté, le porte-parole de l'Elysée, David Martinon, a redit vendredi que Paris avait alerté le Tchad dès le début, aussitôt après que la secrétaire d'Etat aux droits de l'Homme, Rama Yade, a "été approchée par cette organisation". Car "très vite, les services du Quai d'Orsay se sont rendu compte qu'il y avait des doutes" sur l'Arche de Zoé et ses projets "surprenants". "En France, ils parlaient d'adoption sans avoir l'agrément, ils parlaient d'adoption en direction de pays qui interdisent l'adoption", a-t-il précisé. "Ce sont ces éléments-là qui ont été transmis aux autorités tchadiennes".
Transférés à la capitale
Concernant la procédure, la Cour suprême tchadienne a dessaisi vendredi la juridiction d'Abéché, à l'est du Tchad, au profit de celle de N'Djamena, du dossier de 16 Européens et 2 Tchadiens inculpés. "Le Tribunal de première instance (de N'Djamena) doit à présent désigner, au plus tard lundi, un nouveau juge d'instruction", a expliqué une source judiciaire. Ces 18 personnes, arrêtées le 25 octobre à Abéché alors que l'association française Arche de Zoé allait embarquer à bord d'un avion 103 enfants de la région à destination de la France, ont été inculpées et écrouées dans cette ville pour "enlèvement de mineurs", "escroquerie" ou "complicité".
Conséquence : elles vont pouvoir être transférées dès ce vendredi à N'Djamena "si les conditions matérielles le permettent", a annoncé le ministre tchadien de la Justice. Il s'agit de neuf Français - des membres de l'association et trois journalistes -, de sept Espagnols de l'équipage de l'avion qui devait emmener les enfants en France, et de deux responsables tchadiens.
La famille de Marc Garmirian, l'un des 3 journalistes, celui travaillant pour Capa, a été reçue vendredi par la secrétaire d'Etat aux droits de l'Homme, Rama Yade, au Quai d'Orsay et sa compagne s'est dite "confiante". Quant à celle de Jean-Daniel Guillou, autre journaliste détenu, elle a reçu vendredi un email dans lequel le photographe indique qu'il va bien, a-t-selon l'un de ses collègues. "Ma santé ainsi que mon moral vont bien, grâce à vous tous, vous m'aidez à tenir bon. Je vous demande de rester soudés, c'est grâce à vous tous que nous allons nous retrouver. Les journées sont longues et ennuyeuses, mais l'espoir ne lâche pas", écrit, selon son collègue, le photographe.
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