Les proches des membres de l'Arche de Zoé détenus au Tchad arrivent à l'Elysée (8 novembre 2007) © TF1/LCI| Ambiance délétère autour des Français à N'Djamena |
Nicolas Sarkozy a reçu jeudi à l'Elysée pendant près d'une heure les familles des six Français détenus au Tchad dans le cadre de l'affaire Arche de Zoé. Ces proches des accusés se sont refusé à toute déclaration à leur sortie de l'entretien, tandis que l'Elysée diffusait dans l'après-midi un communiqué indiquant simplement que le chef de l'Etat les avait assurés de l'assistance "consulaire, médicale et matérielle" apportée aux détenus par les autorités françaises "depuis le début de cette affaire".
Pour les accusés eux-mêmes, l'attente continue au Tchad. Elle semble éprouvante : le pilote belge Jacques Wilmart a fait un malaise cardiaque jeudi soir et a été transféré à la base militaire française. Agé de près de 75 ans, il souffrait du coeur avant son arrestation le 28 octobre. On ignore son état de santé actuel.
Le juge tchadien chargé du dossier a entamé une série de confrontations entre les inculpés, après les avoir tous entendus sur le fond. Le président de l'association, Eric Breteau, a dédouané devant le juge les trois Espagnols, le Belge et trois des quatre Tchadiens incarcérés pour la tentative de transport de 103 enfants en France. Concernant les trois Tchadiens - le sous-préfet Ama Adam Idriss Hori, le maire Simine Amadou Nassour et le secrétaire général de la mairie de Tiné frontalière du Soudan, Ahmat Harane - il a expliqué qu'il ne les avait jamais rencontrés, et les a qualifiés "d'innocents".
Manifestations devant l'ambassade de France
Malgré les efforts de Paris et N'Djamena pour éteindre la polémique sur le lieu d'un futur procès, les manifestations, plus ou moins "spontanées", se sont poursuivies jeudi devant le palais de justice de la capitale tchadienne, en signe de refus à toute extradition des inculpés vers la France. Une petite centaine de manifestants, des jeunes pour la plupart, ont réclamé que "la justice passe au Tchad" et ont défilé devant l'ambassade de France.
La Chancellerie se dit toutefois "mobilisée" pour faciliter la coopération entre les justices tchadienne et française, en espérant qu'un "accord" permette que les membres de l'Arche de Zoé soient jugés en France. Par ailleurs, la question des conditions dans lesquelles les humanitaires ont pu se rendre au Tchad pour lancer leur opération controversée se pose toujours. La mission d'enquête des Affaires étrangères et de la Défense sur les circonstances qui ont permis à l'association de dissimuler "son identité et ses agissements" sera à pied d'oeuvre au Tchad dès dimanche. Constituée par François Fillon, cette mission sera menée conjointement par l'Inspection générale du ministère des Affaires étrangères et le commandement de l'inspection des forces en opérations.
Le gouvernement espagnol se dit pour sa part toujours confiant sur une libération prochaine des trois Espagnols détenus à N'Djamena et assure travailler "très intensément" en ce sens.
D'après agence
| Une autre plainte... pour les mêmes enfants ? |
La justice tchadienne a été saisie du cas d'enfants qui auraient été envoyés en France depuis le Tchad avant l'opération avortée de l'Arche de Zoé, mais ces inquiétudes semblent fondées sur des éléments mal interprétés. La plainte émane du réseau des Associations de défense des droits de l'Homme au Tchad (ADH) et concerne la "déportation" de "74 enfants tchadiens" en France en septembre. Selon le texte de la plainte, le réseau ADH a trouvé "un détail de voyage" (référence de réservation d'un billet de train en France) de l'un des six membres français de l'Arche de Zoé incarcérés, Alain Péligat. |
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