La justice tchadienne prépare un procès à N'Djamena

le 05 novembre 2007 à 15h16 , mis à jour le 05 novembre 2007 à 21h24

Les bénévoles ont été menés au palais de justice de N'Djamena pour de nouvelles auditions. Le Tchad affirme n'avoir reçu aucune demande d'extradition.

TF1/LCI : Les Français de l'association "Arche de Zoé" retenus au tchad (28 octobre 2007)Les Français de l'association "Arche de Zoé" retenus au tchad (28 octobre 2007) © TF1/LCI

Les auditions ont repris lundi pour les inculpés encore incarcérés au Tchad dans l'affaire de l'Arche de Zoé, au lendemain du rapatriement spectaculaire en Europe, par Nicolas Sarkozy, des journalistes français et des hôtesses espagnoles libérés. Pour les dix Européens et quatre Tchadiens restés à N'Djamena, la procédure judiciaire devrait à présent s'inscrire dans la durée, surtout pour les six bénévoles français de l'association Arche de Zoé à l'origine de la tentative très controversée de transport en France de 103 enfants depuis l'est du Tchad. Et les avocats français des bénévoles, Mes Gilbert Collard, Olivier Desandre-Navarre et Céline Lorenzon, s'apprêtent à se rendre mardi au Tchad pour rencontrer leurs clients et tenter d'avoir accès au dossier.

Selon des sources judiciaires, une libération pourrait intervenir dans les prochains jours pour le steward espagnol de l'avion qui devait transporter les enfants le 25 octobre, et pour le pilote belge qui en a acheminé une partie depuis la frontière tchado-soudanaise à Abéché, dans l'est du Tchad. Le steward n'a pas été libéré avec ses collègues hôtesses de l'air pour le simple motif qu'il ne devait être "entendu au fond que lundi", avait estimé dimanche Me Jean-Bernard Padaré, l'avocat d'une partie des inculpés. Madrid a espéré pour lui un "dénouement" rapide. Quant au Belge Jacques Wilmart, âgé des 75 ans, le président tchadien Idriss Deby Itno a jugé dimanche son cas "préoccupant" et a demandé à la justice de l'examiner, "pour que nous n'ayons pas demain entre les mains un cas de conscience", a-t-il dit.

Nouvelle série d'auditions

Le juge d'instruction a entamé lundi, par le pilote et le copilote espagnols, une nouvelle série d'auditions. Le steward et les bénévoles de l'Arche de Zoé, à l'exception de son président Eric Breteau déjà entendu samedi, ont également été acheminés au palais de justice de N'Djamena. Les six membres de l'association, ainsi que les trois journalistes rapatriés en France, sont inculpés "d'enlèvement de mineurs" et "escroquerie". Les sept Espagnols, le Belge et les quatre Tchadiens sont poursuivis pour "complicité". Les 21 inculpés encourent au Tchad cinq à vingt ans de travaux forcés.

Libéré et rentré en France, le journaliste de l'agence Capa Marc Garmirian a affirmé lundi que si les responsables de l'association était "convaincus de faire le bien", ils ont "menti à tout leur staff", ainsi qu'aux "gens qui leur ont confié les enfants" et aux "enfants eux-mêmes" sur leur "objectif final". Interrogée par sa rédaction de France 3, Marie-Agnès Peleran a évoqué pour sa part son "malaise" "par rapport à différentes questions qui se posaient et que j'ai posées aussi aux responsables de l'organisation". L'Arche de Zoé dit avoir voulu sauver des "orphelins" du Darfour, région soudanaise en guerre civile limitrophe du Tchad, ce que contredit une enquête des organisations humanitaires internationales. Après avoir redit tout le mal qu'il pensait de l'opération, qualifiée "d'équipée assez lamentable", le président Sarkozy a toutefois "souhaité" dimanche à N'Djamena que les ressortissants français puissent être jugés en France.

"Il n'y pas encore de demande officielle d'extradition", a cependant expliqué lundi le ministre tchadien de la Justice Albert Pahimi Padacké, par conséquent "la justice tchadienne continue à travailler en vue d'un éventuel procès au Tchad". Les accords de coopération signés entre les deux pays en 1976 ouvrent la voie à une extradition ; encore faut-il que les Français soient poursuivis en France, ce qui n'est pas encore le cas, même si une information judiciaire visant les activités de l'Arche de Zoé a été ouverte le 24 octobre. "S'il y a une demande officielle en ce sens, la justice tchadienne décidera en fonction des accords de 1976 qu'il faudra interpréter", a estimé le ministre tchadien. "Sur le plan politique, nous ne sommes pas hostiles a priori à un procès en France", a reconnu pour sa part un haut responsable tchadien. "Mais cela ne peut pas se passer uniquement entre les deux présidents".

D'après agence

le 05 novembre 2007 à 15:16
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8 Commentaires

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  • J-Yves, le 05/11/2007 à 18h50

    Qu'ils soient juges et punis au Tchad. En France, les juges les libereront tres vite et le risque qu'ils recommencent encore a voler des enfants pour les revendre sur le marche est tres fort.

  • Nicolas, le 05/11/2007 à 18h47

    Qu'ils se debrouillent! Qui seme le vent recolte la tempete.....

  • MR, le 05/11/2007 à 18h02

    Ce qui pourrait paraître incroyable c'est qu'ils ont bien ciblé les gamins en bonne santé (pour la revente c'est mieux)et dieu sait combien de malheureux auraient pu être ramenés en France afin d'y recevoir des soins

  • Dromy65, le 05/11/2007 à 17h36

    Oui c'est lamentable de voir comment cette opération a été menée dans la négligence, le mensonge et le manque d'expérience évident des responsables de l'arche de zoé. Faire passer son désir personnel avant celui des enfants c'est inimaginable. Comment toutes ces personnes a qui l'on devait confier ces enfants ont elles ainsi pu se faire manipuler et berner? L'humanitaire est un vrai métier auquel on doit y ajouter oblativité et désinteret personnel. Ce qui est navrant c'est de voir Mr Hollande faire de la surenchère et critiquer le Président. Il eut été interressant que Mr Hollande et l'opposition se préoccupe davantage du Darfour pour qui c'etait silence radio. Venir ainsi aujourd'hui palabrer c'est indécent Mr Hollande

  • Ventadour, le 05/11/2007 à 17h27

    Les leaders de l'association avaient caché leur véritable objectif (faire venir les enfants en France) à la centaine de leurs collaborateurs tchadiens.... qui vont devoir rendre des comptes sur place loin des médias ! Les illuminés de "l'arche de Zoé" ont perdu tout repère moral et tout bon sens; ils étaient habités uniquement par la "vulgate" médiatico-humanitaire (comme Madonna qui, il y a quelques mois, avait adopté un enfant "orphelin"... qui finalement ne l'était pas !). Et le leader s'attendait à son arrestation en France, et se préparait à nous jouer le grand cinéma depuis sa prison, avec émotion, indignation et ruissellement de bonne conscience à l'appui ! Le grand pathos !

  • Tschumperlé, le 05/11/2007 à 17h20

    A part l'excès de précipitation politique d'hier, la justice semble fonctionner normalement au Tchad. On n'a rien à lui reprocher. Il n'y a aucun excès et les mis en examen reconnaissent et assument leurs actes.

  • Thomas, le 05/11/2007 à 16h53

    Dans la logique, le proces et les peines devrait être fait au Tchad et non en France! Pourquoi encore surpeuplé nos prisons? A ben oui suis je bête, ils ne vont même pas aller en prison si ils reviennent en France.....

  • Jean paul, le 05/11/2007 à 16h08

    Non vraiment cette association n'est pas fiable, comment des couples( famille d'acceuil) se sont laissés prendre à leur jeu.Ils savent bien que les formalités d'adoption, ce n'est pas une opérations à la va vite.Lamentable cette action pour tout le monde.

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