Nicolas Sarkozy le 28 novembre 2007 © TF1Lundi, Nicolas Sarkozy entamera une visite d'Etat de trois jours en Algérie, sa première depuis son arrivée de l'Elysée -mais sa deuxième visite au total, puisque celle du mois de juillet n'était pas estampillée du plus haut degré du protocole diplomatique. Ce voyage a déjà fait parler de lui avec l'éventuelle participation d'Enrico Macias, qui a finalement renoncé à accompagner le chef de l'Etat puisqu'il n'y était "pas le bienvenu".
Mercredi, cette visite, déjà sensible en raison des relations et de l'Histoire entre les deux pays, a encore été mise sur le devant de la scène diplomatique en raison des déclarations ambiguës de Mohamed-Cherif Abbas. Ministre des Anciens combattants, il expliquait lundi au quotidien Al Khabar ne pas croire "que les relations entre l'Algérie et la France soient fondées sur le principe d'égalité". "Vous connaissez les origines du président de la France et vous savez quelles sont les parties qui l'ont amené au pouvoir", soulignait-il également, en évoquant "les convictions des véritables architectes de l'ascension de Sarkozy au pouvoir, le lobby juif qui domine les décideurs en France".
Le Quai d'Orsay "s'étonne"
Cette déclaration a pris de l'ampleur après avoir été reprise mercredi matin par Le Figaro, qui qualifiait les propos "d'anti-sémites". A la mi-journée, le Quai d'Orsay, dans son langage diplomatique, "s'étonnait de ces propos, parus dans la presse, qui ne correspondent pas au climat de confiance et de coopération dans lequel nous préparons la visite d'Etat du président de la République" à Alger et demandait des clarifications. Dans la foulée, la Ligue des droits de l'Hommes, le Mrap, la Licra et le Crif condamnaient tous les propos de Mohamed-Cherif Abbas.
Dans un communiqué à l'agence de presse algérienne APS, ce dernier s'est quant à lui dit surpris "d'avoir appris avec beaucoup d'étonnement et de mécontentement certains propos" qui lui ont été attribués. Sans démentir formellement ses propos, il souligne ne pouvoir "assumer les spéculations irresponsables d'un quelconque journal sur un chef d'Etat ami, plus spécialement à la veille de sa visite en Algérie". "Il n'a jamais été dans mon intention d'enfreindre le principe que respectent tous les responsables algériens et que m'impose mon obligation de réserve, celui de ne jamais porter atteinte à l'image d'un chef d'Etat étranger", note ce vétéran de la guerre d'Algérie.
Dans le reste de l'entretien publié lundi dans Al Khabar, Mohamed-Cherif Abbas estimait que la visite de Nicolas Sarkozy s'inscrivait dans "le cadre de la courtoisie existant entre Etats, comme une tentative de perpétuer l'image actuelle des relations entre la France en attendant des circonstances à venir". Il revenait également sur la période de la colonisation. "Tant que la France ne reconnaîtra pas les crimes commis en Algérie, nous ne pouvons envisager ni réconciliation ni normalisation totale avec elle. Nos rapports avec la France se limiteraient dans ce cas au niveau commercial et il serait impossible de parler d'un traité d'amitié et de paix", concluait-il.
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