© AFP/Abba Ali KayaLes six Français membres de l'Arche de Zoé et les trois Tchadiens incarcérés à N'Djamena devront attendre. Mercredi, le juge chargé de l'enquête a rejeté leur demande de mise en liberté. "Eu égard à la gravité des faits, la mise en liberté provisoire des inculpés risque de nuire à la manifestation de la vérité et de l'ordre public", a estimé le juge, qui ajoute que "les dépositions des parties civiles ne sont pas encore reçues". Sur LCI, Me Gilbert Collard a déclaré que les six membres de l'association l'Arche de Zoé allaient faire appel de cette décision. "On s'y attendait, il faut pas nous prendre pour des naïfs, quand même", a déclaré l'avocat. Un quatrième Tchadien est également incarcéré à N'Djamena dans ce dossier, mais il n'y a pas eu de demande de mise en liberté pour cet inculpé.
"La coïncidence de cette décision de rejet du juge avec les manifestations (antifrançaises) de ce matin [voir notre article] est troublante", a souligné Me Jean-Bernard Padaré, avocat de trois inculpés tchadiens et d'autres Européens. Des centaines de personnes, jeunes pour la plupart, ont en effet manifesté dans le centre de N'Djamena mercredi pour dénoncer "les agissements" de l'Arche de Zoé, conspuant la France et jetant des pierres sur des voitures occupées par des Occidentaux. A l'issue de cette manifestation, le ministre tchadien de la Justice Albert Pahimi Padacké a souligné que "les manifestants ont exprimé le souhait de voir cette affaire jugée au Tchad. Il n'y a pas d'obstacle à ce que cette affaire soit jugée au Tchad".
Des rapports tendus entre Paris et N'Djamena
Les magistrats tchadiens avaient aussi manifesté leur mécontentement sur une éventualité d'un jugement des inculpés hors du Tchad. Cette polémique avait tendu les rapports entre Paris et N'Djamena avant que la présidence française ne nuance sa position. Onze autres personnes - trois journalistes français, sept membres espagnols de l'équipage d'un avion affrété par l'association pour transporter les enfants d'Abéché en France et un pilote belge ayant convoyé les enfants de la frontière à Abéché - ont été libérés et ont regagné leurs pays respectifs mais restent inculpés au Tchad.
Fin octobre, l'Arche de Zoé a tenté d'emmener en France 103 enfants originaires de la zone frontalière avec le Soudan en les présentant comme des orphelins du Darfour nécessitant une évacuation sanitaire.
(D'après agence)
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