Nicolas Sarkozy, à Alger, le 3 décembre 2007 © TF1-LCIBien mais pas suffisant. C'est en substance ce que pense le ministre algérien de l'Intérieur de la condamnation par Nicolas Sarkozy du système colonial. "Ca va dans le bon sens, mais nous disons toujours que ce c'est pas assez quand nous plaçons ces paroles dans leur contexte. C'est un progrès", a déclaré Yazid Zerhouni, un proche du président Abdelaziz Bouteflika.
"Je ne sais pas si les excuses sont nécessaires, mais utiles elles le seront toujours", a-t-il ajouté en marge de la visite que le chef de l'Etat français doit effectuer au site archéologique de Tipaza. L'absence d'excuses "n'empêchera pas d'avoir une vision nouvelle de nos relations. En France comme en Algérie, nous sommes condamnés à croire à une amitié possible", a-t-il poursuivi.
Repentance
Lundi soir, devant un parterre de chefs d'entreprises français et algériens le président français avait dénoncé le système colonial et appelé à combattre à la fois le racisme, l'antisémitisme et l'islamophobie. "Oui, le système colonial a été profondément injuste, contraire aux trois mots fondateurs de notre République: liberté, égalité, fraternité", avait-il déclaré, quelques heures après son arrivée à Alger pour sa première visite d'Etat depuis son élection en mai.
"Mais il est aussi juste de dire qu'à l'intérieur de ce système, il y avait beaucoup d'hommes et de femmes qui ont aimé l'Algérie, avant de devoir la quitter. Oui, des crimes terribles ont été commis tout au long de la guerre d'indépendance, qui a fait d'innombrables victimes des deux côtés", en soulignant : "c'est toutes les victimes que je veux honorer".
La question de la "repentance" de la France sur les "crimes" qui auraient été commis par le colonialisme en Algérie (1830-1962) empoisonne les relations entre les deux pays depuis 2005. Elle a empêché la signature d'un traité d'amitié voulu par les présidents Jacques Chirac et Bouteflika et auquel Nicolas Sarkozy a renoncé.
Avant de revoir Abdelaziz Bouteflika, Nicolas Sarkozy s'est rendu au milieu des ruines de Tipaza où l'accueil des algériens a été mitigé. Nombre d'entre eux exigent que la France demande pardon pour ses "crimes" pendant la période coloniale.
(D'après agence)
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