Eric Breteau et Emilie Lelouch, avec leur avocat Gilbert Collard, à l'ouverture du procès de l'Arche de Zoé © TF1/LCI
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Le verdict est tombé mercredi soir : 8 ans de travaux forcés pour les six Français membres de l'Arche de Zoé, reconnus coupables de tentative d'enlèvement d'enfants. Reste à savoir dans quelles conditions ils effectueront leur peine. Quelques minutes à peine après l'annonce des condamnations, le ministère des Affaires étrangères a fait savoir que Paris allait demander le retour en France des condamnés français. Un transfert qui pourrait intervenir dans les "24 à 48 heures", selon Patricia Allémonière, envoyée spéciale de TF1 à N'Djamena. Dimanche, affirme de son côté le site Internet du Nouvel Observateur.
Jeudi en milieu de journée, une source proche du dossier indiquait que les six Français ont tous fait une demande individuelle de transfèrement vers la France auprès des autorités consulaires françaises. Selon l'accord d'entraide judiciaire entre la France et le Tchad, "si l'une ou l'autre partie contractante en fait la demande, tout ressortissant de l'un des deux Etats condamné à une peine d'emprisonnement ou à une peine plus grave, sera, sous réserve de son consentement, remis aux autorités de l'Etat dont il est ressortissant". Une source judiciaire, interrogée mercredi soir, a souligné que la demande, après consentement des personnes condamnées, devrait être transmise par les autorités françaises à leurs homologues tchadiennes, qui ont la possibilité d'y répondre "favorablement ou pas".
Le Quai d'Orsay a confirmé que Paris adresserait une demande dans la journée de jeudi pour qu'ils puissent accomplir leur peine en France, comme le permet l'accord bilatéral de 1976. Dans le cas où un transfèrement serait accordé, "les frais sont laissés à la charge de la partie requérante", mentionne l'article 29 de l'accord bilatéral. Il reviendrait alors à la France, en l'occurrence les ministères de la Justice et des Affaires étrangères, de prendre en charge les six Français de l'Arche de Zoé.
Le Tchad "étudiera techniquement" le transfèrement
Une fois en France, les condamnés pourront voir leur peine adaptée, car le code pénal français ne prévoit pas les travaux forcés, après avis toutefois des autorités tchadiennes. L'article 30 prévoit en effet que "les réductions, ajournements, libérations et autres modalités d'exécution des peines" sont "décidées, selon la législation de l'Etat où la peine est exécutée, sur avis de l'Etat dont relève la juridiction de condamnation". Le procureur de la République du ressort du lieu d'arrivée en France des six condamnés, vraisemblablement la région parisienne, leur notifiera "la conversion" de leur peine en 8 ans d'emprisonnement, a expliqué la source judiciaire. Les personnes concernées seront ensuite transférées vers un lieu de détention. Enfin, il reste une possibilité de grâce ou d'amnistie prévue par l'accord de 1976 mais relevant de la seule compétence de l'Etat tchadien, selon les termes de l'article 32.
Jeudi matin, le ministre tchadien de la justice a cependant précisé qu'une commutation en France de la peine devra recevoir l'aval du Tchad. Pour le moment, les autorités tchadiennes n'ont pas "reçu une quelconque demande", assurait-il, mais elles étudieront "techniquement" toute demande. "Qu'est-ce qui vous dit d'ailleurs que les condamnés eux-mêmes accepteraient d'aller purger leur peine en France ?", s'est interrogé le ministre, faisant référence à une lettre du leader de l'Arche de Zoé, Eric Breteau, "qui dit que les conditions de détention sont excellentes" au Tchad.
Le Tchad dément toute ingérence politique dans le procès |
Le ministre tchadien de la Justice a affirmé jeudi qu'il n'y avait eu aucune "ingérence politique" dans le procès. Les avocats de la défense avaient dénoncé avant et après le verdict un procès "politique". Plusieurs sources proches du dossier avaient également décrit les quatre jours de procès devant la Cour criminelle de N'Djamena comme l'habillage juridique d'un scénario échafaudé au niveau politique et diplomatique entre Paris et N'Djamena. |
D'après agence
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