© AFP/A. Kaya

Le récit de l'envoyée spéciale de LCI
Le procureur général de la Cour criminelle de N'Djamena a requis mercredi matin de 7 à 11 ans de travaux forcés contre les six accusés français dans le procès de L'Arche de Zoé. Beassoum Ben Ngassoro a demandé de "déclarer les accusés coupables" de "tentative d'enlèvement d'enfants en vue de compromettre leur état civil", de "faux et usage de faux en écritures publiques" et de "grivèlerie". Le procureur n'a pas fait aucune distinction entre Eric Breteau, le président de l'organisation, et les cinq membres, Emilie Lelouch, Alain Péligat, Dominique Aubry, Nadia Merimi et Philippe Van Winkelberg.
Le représentant de l'Etat tchadien a en revanche requis l'acquittement de deux responsables tchadiens de la ville de Tiné et a laissé le jury fixer la peine d'un troisième Tchadien et d'un Soudanais, demandant qu'ils bénéficient de circonstances atténuantes "car ils ont été victimes d'une tromperie".
Le procureur a également réclamé qu'on restitue aux "parents identifiés" les enfants, qui sont hébergés dans un orphelinat d'Abéché, principale ville de l'est du Tchad, d'où L'Arche de Zoé comptait les faire partir pour la France. Il a demandé de condamner solidairement les six Français, Mahamat Dagot et Souleimane Ibrahim Adam à verser 4,12 milliards de francs CFA (6,3 millions d'euros) aux parents des enfants, et un franc CFA symbolique à l'Etat tchadien -les parties civiles avaient réclamé un million d'euros de dommages et intérêts par enfant, soit un total de 103 millions d'euros.
Verdict ce soir ?
Plaidant la "bonne foi", les avocats des Français ont ensuite demandé l'acquittement. "Vous n'avez aucun fait justifiant une condamnation", a déclaré Me Céline Lorenzon. "Mes clients ont agi dans la bonne foi et dans la transparence", a soutenu Me Abdou Lamian, leur avocat tchadien. "On reproche aujourd'hui à ces hommes et ces femmes d'avoir voulu appliquer au drame du Darfour la doctrine élaborée par Bernard Kouchner", a souligné Me Gilbert Collard, autre avocat français de la défense.
En clôture des débats, Eric Breteau a pris la parole : "Toute cette affaire n'est pas un seul drame, mais plusieurs drames. C'est un drame pour les 103 enfants", a-t-il déclaré. "S'ils sont Soudanais (...) nous les avons privés d'un avenir meilleur, s'ils sont Tchadiens et qu'on nous a mentis, si nous les avons séparé de leurs familles, nous somme navrés, sincèrement désolés, car nous n'avons jamais voulu séparer des familles", a-t-il ajouté. "Je maintiens ce que j'ai dit depuis le début de l'instruction, nous avons toujours recherché des orphelins du Darfour", a-t-il conclu.
Le verdict est attendu dans la journée.
Les scénarios possibles |
Transfèrement et aménagement de peine en France, grâce ou amnistie du Tchad. Plusieurs scénarios, prévus par la convention judiciaire franco-tchadienne, peuvent être envisagés pour les six Français de l'Arche de Zoé après le verdict de la Cour criminelle de N'Djamena. |
(D'après agence)
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