Eric Breteau et Emilie Lelouch, avec leur avocat Gilbert Collard, à l'ouverture du procès de l'Arche de Zoé © TF1/LCI 
Le récit de l'envoyée spéciale de LCI

Rapatriement des Français: "discussions au plus haut niveau"
Moins de deux mois après leur arrestation le 25 octobre dernier à l'aéroport d'Abéché , Eric Breteau, Emilie Lelouch, Alain Péligat, Dominique Aubry, Philippe Van Wilkerberg et Nadia Merimi (cliquez ici pour lire leur portrait) sont jugés depuis vendredi matin par la cour criminelle de N'Djamena, la capitale tchadienne. Avec trois autres Tchadiens et un Soudanais, les six membres de l'association L'Arche de Zoé sont poursuivis pour "enlèvement d'enfants". Les accusés, qui encourent de cinq à vingt ans de travaux forcés, devraient être fixés sur leur sort mercredi prochain, jour annoncé pour le verdict.
Salle bondée
A leur arrivée, les six Français sont descendus du fourgon cellulaire en se tenant la main. Eric Breteau, le président de l'association, et Alain Péligat, le logisticien, portaient comme à l'accoutumée leur pantalon de pompier mais plus le gilet siglé "Children Rescue", le nom de l'opération qui les a conduits devant la justice tchadienne. Les quatre autres membres de l'association avaient quant à eux, sur conseil de leurs avocats, totalement abandonné cette tenue qu'ils portaient depuis leur arrestation pour ne pas heurter les juges.
La petite salle d'audience, pouvant accueillir environ 200 personnes, était bondée. Une trentaine de journalistes représentant les principaux médias français nationaux, de la presse écrite, radio et télévision, étaient présents, ainsi que de nombreux militaires et policiers, non armés. Les représentants du Collectif des familles des 103 enfants assistaient à l'audience, ainsi que le consul de France à N'Djamena, Bernard Jeantelot. Les débats sont retransmis à l'extérieur de la salle d'audience par des hauts-parleurs.
"Raisons de sécurité"
Après avoir rejeté une requête en nullité déposée par la défense, la cour a ensuite entendu Eric Breteau. Dans sa déposition, il a tout d'abord réaffirmé que les enfants que son association projetait d'emmener du Tchad en France étaient bien Soudanais. "Je conteste les faits qui me sont reprochés. Je souhaite répondre point par point (...) en apportant les preuves nécessaires à la manifestation de la vérité", a-t-il déclaré, sûr de lui. "Personne n'a jamais émis le moindre doute sur l'origine soudanaise des enfants présents dans nos bases", a-t-il lancé. Une enquête ONG internationales a pourtant établi que la quasi-totalité des enfants était Tchadiens et n'étaient pas orphelins.
Eric Breteau a également contesté le caractère clandestin de l'opération "Children Rescue". "Avant le lancement de notre opération de sauvetage des orphelins du Darfour, l'ensemble des autorités françaises ont été informées de notre action par écrit", a-t-il expliqué. "Nous avons notamment informé, par écrit, (...) la présidence de la République, les ministères de l'Intérieur, de la Justice et des Affaires étrangères, l'ensemble du Parlement, le juge pour enfants de Reims-Vatry", où les enfants devaient arriver en provenance du Tchad par avion. L'opération "ne peut certainement pas être qualifiée de secrète et de clandestine, compte tenu de la très forte communication réalisée avant son ancement", a-t-il assuré.
Pour des "raisons de sécurité, nous avons fait le choix de la confidentialité vis-à-vis de nos personnels locaux (...) ainsi que des représentants des autorités locales, afin d'éviter toute fuite d'information qui aurait pu mettre en danger la mission", a-t-il poursuivi, en particulier "pour ne pas éveiller les soupçons des services secrets soudanais".
Après la déposition d'Alain Péligat, le logisticien, l'audience a été ajournée jusqu'à samedi matin.
Accord entre Paris et le Tchad ? |
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