Les Français de l'association "Arche de Zoé" retenus au tchad (28 octobre 2007) © TF1/LCILes six Français de l'Arche de Zoé pourraient se retrouver face aux juges de la Cour criminelle du Tchad dès la semaine prochaine. Les dates du 18 et 19 décembre sont évoquées, mais sans certitude, contrairement à ce que nous avions indiqué dans un premier temps. "Nous avons nos visas, nous sommes prêts à partir, mais je n'ai pas encore de confirmation de la part de l'avocat tchadien", a déclaré à LCI.fr maître Gilbert Collard, l'un des avocats des humanitaires. Ce dernier a déposé ce mardi un recours pour "obtenir une requalification des faits en délits", mais, avoue-t-il, "nous l'avons fait pour une question de principe mais nous n'avons aucun espoir d'obtenir quoi que ce soit". En fin d'après-midi, les six détenus ont en tous cas reçu une convocation pour mercredi 10h30 devant la chambre d'instruction.
Lundi, le juge tchadien chargé de l'instruction de la tentative de transport d'enfants en France avait annoncé le renvoi des membres de l'association devant la Cour criminelle. Devant cette juridiction, ils comparaîtront pour "enlèvement de mineurs en vue de compromettre leur état civil" et "escroquerie", ainsi que pour deux nouveaux chefs, "faux en écriture publique" et "grivèlerie", selon l'ordonnance du juge notifiée aux avocats de la défense. Ils encourent cinq à vingt ans de travaux forcés. Trois journalistes français, les sept membres de l'équipage espagnol et le pilote belge ont en revanche bénéficié d'un non-lieu.
Ils entament une grève de la faim
L'Arche de Zoé entendait emmener ces 103 enfants en France depuis Abéché, principale ville de l'est tchadien, à 700 km à l'est de N'Djamena, lorsque l'opération a été stoppée par les autorités tchadiennes le 25 octobre. L'association française présente ces enfants comme des orphelins du Darfour, région soudanaise voisine en proie à la guerre civile. Mais selon une enquête humanitaire internationale, la quasi-totalité d'entre eux viennent de villages tchadiens et ont au moins un parent ou un adulte qu'ils considèrent comme tel.
Le président français Nicolas Sarkozy était venu chercher au Tchad le 4 novembre les trois journalistes français et les quatre hôtesses de l'air espagnoles tout juste libérés après une procédure express. Le 6 novembre, il avait promis d'aller "chercher tous ceux qui restent, quoi qu'ils aient fait", provoquant la colère des autorités et du monde judiciaire au Tchad. Pour protester contre une procédure judiciaire qu'ils estiment "à charge", les six Français ont entamé vendredi une grève de la faim. "Ils sont fatigués, ils ne vont pas bien et c'est inquiétant", a commenté sur LCI.fr maître Collard.
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