Arche de Zoé : les intermédiaires au coeur du 2e jour de procès

Par Diane HEURTAUT (avec agence), le 22 décembre 2007 à 15h43 , mis à jour le 22 décembre 2007 à 22h42

Un Soudanais a notamment reconnu samedi à la barre avoir livré 63 enfants tchadiens, mais pour qu'ils soient scolarisés par l'Arche de Zoé.

Tchad Arche Zoé Eric Breteau Emilie LelouchEric Breteau et Emilie Lelouch, après la 2e journée du procès de l'Arche de Zoé à N'Djamena, le 22 décembre 2007

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L' intermédiaire sème la confusion
 

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''On a prouvé notre innocence'' 

Leurs témoignages ont semé la confusion plus qu'ils n'ont véritablement éclairci l'affaire, mais Eric Breteau est sorti souriant de la 2e journée du procès de L'Arche de Zoé devant la Cour criminelle tchadienne à N'Djamena. "On a prouvé notre innocence, c'est le principal", a-t-il estimé après les auditions des intermédiaires. Le premier, présenté par le président de l'ONG française comme le "principal intermédiaire" chargé d'aller chercher enfants à la frontière avec la province en guerre du Darfour, assure n'avoir été qu'un simple "chauffeur". C'est parole contre parole donc, mais une facture apportée aux juges le mettrait en cause. Une facture portant le tampon de l'Etat tchadien, ce qui prouverait donc que N'Djamena était bien au courant, selon Me Collard, l'un des avocats des humanitaires. Venu au palais de justice en tant que simple témoin, le "chauffeur" a en tous cas été mis à disposition du parquet général.

Le 2e intermédiaire, un réfugié soudanais au Tchad, a reconnu à la barre avoir livré 63 enfants tchadiens à l'association. Il a  d'abord nié avoir signé 63 attestations certifiant que chaque enfant était bien "orphelin" et "du Darfour". Puis il a reconnu par deux fois être l'auteur des signatures au bas des attestations. Mais, a-t-il dit, on a "trompé ma vigilance", car lui savait que la quasi totalité de ces enfants (dont 4 appartiennent à sa propre famille) avaient non seulement des parents vivants, mais qu'en outre ils étaient Tchadiens. Il n'a en revanche pas expliqué comment il avait été "trompé" au moment de signer les papiers. On sait seulement qu'il est quasiment illettré. Les enfants étaient de plus tous "en bonne santé", a-t-il affirmé. Eric Breteau soutient que les 103 enfants étaient tous "dénutris ou sous nutris" et que certains nécessitaient des soins en France. 

"Ils m'ont trompés"

Alors que les membres de l'Arche de Zoé ont de nouveau nié avoir dupé les familles africaines pour les inciter à leur confier leurs enfants, le Soudanais a aussi affirmé que l'ONG lui avait menti en dissimulant le projet de transfert des enfants. Elle lui aurait demandé de recruter des enfants défavorisés dans les villages de l'est du Tchad limitrophe du Darfour soudanais pour les scolariser dans les centres que l'association française devait gérer dans la région frontalière. Assurant ne pas avoir reçu d'argent pour amener à L'Arche de Zoé les 63 enfants, il a juré, contrairement à des témoignages recueillis par l'AFP sur place, qu'il n'est jamais aller chercher les enfants dans les villages près d'Adré, les parents étant venus à lui en entendant parler d'un tel projet d'école pour y faire enseigner le Coran et le français.

"Ils m'ont trompé. Ils m'ont dit qu'ils vont rester à Adré (...) Si c'était pour amener les enfants ailleurs, je ne serai pas d'accord", a pour sa part affirmé l'intermédiaire soudanais en arabe. "Je ne savais pas qu'ils seraient ensuite emmenés à Abéché", a-t-il répété. "On n'a rien promis aux villageois. On leur a expliqué seulement l'objectif de notre association, qui est d'aider les enfants orphelins du Darfour, (...) des enfants malades dans une zone de guerre", avait auparavant lancé Emilie Lelouch à la barre.

Emilie Lelouch : ''peut-être a-t-on été bernés''

L'argumentaire de l'ONG est exactement basé à l'inverse sur la responsabilité des intermédiaires, dont le rôle a été au centre des débats ce dimanche... Au lendemain de l'audition d'Eric Breteau, le président de l'association et compagnon d'Emilie Lelouch, celle-ci a à son tour accusé les intermédiaires locaux, mais de manière plus confuse. "On n'a rien promis aux villageois. On leur a expliqué seulement l'objectif de notre association, qui est d'aider les enfants orphelins du Darfour (...) des enfants malades dans une zone de guerre", a déclaré Emilie Lelouch au juge qui a reconnu : ''peut-être a-t-on été bernés''. Les détenus affirment qu'ils étaient persuadés que les 103 enfants étaient des "orphelins du Darfour" voisin.

"Je n'ai jamais rencontré de parents, juste des chefs de village", a-t-elle dit à la barre, assurant que les enfants étaient "toujours" présentés comme Soudanais. "Jamais je n'ai eu aucun doute", a-t-elle insisté. Pourant, "des fois, des mères arrivaient alors qu'on savait même pas que tel enfant avait une mère", a expliqué celle qui vient d'affirmer être sûre que tous les enfants étaient orphelins. L'enfant était alors rendu à ses parents. A la question "ces mères, venaient-elles du Tchad ou du Soudan ?", elle a répondu "c'était pas important de savoir d'où ils venaient, l'important c'était de savoir qu'ils avaient une famille", alors que la défense repose notamment sur la certitude des membres de L'Arche de Zoé d'être en présence d'orphelins du Darfour, et sur les précautions qu'ils clament avoir prises pour s'en assurer.

L'infirmière de l'association, Nadia Merimi, et le médecin, Philippe Van Winkelberg, ont eux aussi été entendus samedi matin. Trois Tchadiens et un Soudanais sont également accusés en tant que complices. Ils risquent jusqu'à 20 ans de travaux forcés. Dimanche pas d'audience : reprise du procès lundi.

Par Diane HEURTAUT (avec agence) le 22 décembre 2007 à 15:43
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4 Commentaires

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  • Claude, le 22/12/2007 à 20h22

    Le fait qu'Eric Breteau mette tout sur le dos des intermédiaires est méprisant. cet homme me dégoute

  • GRANET, le 22/12/2007 à 19h50

    J'admire le devouement des assoc. en ce qui concerne l'aide,(dénuée d'intéret personnellle), apportée à ces population. En ce qui concerne" l'arche de Zoé" je suis surpris que des gens "soit disant" responsables puisse sans l'accord des autorités locales transférer dezs enfants en FRANCE. Et pourquoi leur poser des pansements alors qu'ils n'étaient pas bléssés ??? N'etait pas une volonté de couvrir ces embarquement, et dans quels buts ??

  • Jacky61, le 22/12/2007 à 18h22

    C'est vraiement du n'importe quoi !!! Mais soit-disant pour sauver des orphelins!!! Alors pourquoi leur avoir mis des pansements pour faire croire qu'ils étaient blessés, si ils n'avaient pas d'arrières pensées. Ces gens ne sont pas nets.!!!!

  • Bah voyons, le 22/12/2007 à 16h36

    ILS SONT TOUS RESPONSABLES ONA VU DS LE REPORTAGE QUIL FAISAIT EXPRES DE FAUX BANDAGES POURQUOI AVOIR MIS DE FAUX BANDAGES A CES ENFANTS SINON POUR VOULOIR TROUVER DES PRETEXTES D'EVACATION HUMANITAIRE ALORS QU'ILS ETAIENT TOUS EN BONNE SANTE RIEN QUE CELA PROUVE LEUR CULPABILITE !

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