Arche de Zoé : un procès sous haute tension

Par F.A., le 20 décembre 2007 à 06h45 , mis à jour le 21 décembre 2007 à 12h23

Dix membres de l'association, dont six Français, sont jugés depuis ce matin à N'Djamena dans un climat tendu.

arche de zoe procès ouverture breteau collard lelouchEric Breteau et Emilie Lelouch, avec leur avocat Gilbert Collard, à l'ouverture du procès de l'Arche de Zoé © TF1/LCI

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Le récit de l'envoyée spéciale de LCI

Moins de deux mois après leur arrestation le 25 octobre dernier à l'aéroport d'Abéché , Eric Breteau, Emilie Lelouch, Alain Péligat, Dominique Aubry, Philippe Van Wilkerberg et Nadia Merimi (cliquez ici pour lire leur portrait) sont jugés depuis vendredi matin par la cour criminelle de N'Djamena, la capitale tchadienne. Avec trois autres Tchadiens et un Soudanais, les six membres de l'association L'Arche de Zoé sont poursuivis pour "enlèvement d'enfants". 
 
A leur arrivée, les six Français sont descendus du fourgon cellulaire en se tenant la main. Eric Breteau, le président de l'association, et Alain Péligat, le logisticien, portaient comme à l'accoutumée leur pantalon de pompier mais plus le gilet siglé "Children Rescue", le nom de l'opération qui les a conduits devant la justice tchadienne. Les quatre autres membres de l'association avaient, eux, totalement abandonné cette tenue qu'ils portaient depuis leur arrestation. Le procès s'est ensuite ouvert vers 10h30, heure française.

Les accusés, qui encourent de cinq à vingt ans de travaux forcés, devraient être fixés sur leur sort mercredi prochain, jour prévu officieusement pour le verdict. S'ils sont condamnés, les six Français pourront exécuter une partie de leur peine en France, en vertu des accords de coopération judiciaire entre les deux pays.

Sentiment anti-français
 
C'est peu dire si le procès s'annonce tendu. Tout d'abord, face au sentiment anti-français qui prévaut dans le pays, le tribunal devra gérer la pression de l'opinion publique tchadienne, qui réclame une peine exemplaire pour ceux qu'elle considère comme des "voleurs d'enfants".

Ensuite, l'affaire survient en pleines tractations diplomatiques entre Paris et N'Djamena sur la force internationale au Darfour, dont la base arrière sera l'Est du Tchad. L'intervention de Nicolas Sarkozy pour récupérer d'autres membres de l'opération n'avait été acceptée que sous la contrainte par Idriss Déby, son homologue tchadien. Depuis, les deux gouvernements ont néanmoins tenté de calmer le jeu.

Breteau : "une mascarade"
 
Dénonçant quant à eux une "instruction à charge", les six Français sont en grève de la faim depuis le 8 décembre Eric Breteau se montre toujours très vindicatif envers les autorités françaises. Il continue ainsi à affirmer qu'elles étaient au courant et que son groupe a été lâché par Paris. "On va être condamnés, mais on n'en a ni l'envie ni l'intention", expliquait-il encore jeudi. "C'est une mascarade. On nous a donnés un chronogramme détaillé : le procès commence le 21 (décembre), nous sommes condamnés le 26, je prends dix ans et nous sommes rapatriés le 30", a-t-il lancé, assurant disposer d'un "dossier suffisamment béton pour démontrer la mascarade".
 
Eric Breteau continue aussi de défendre le bien-fondé de son opération, qui avait selon lui pour objectif de "sauver de la mort" 103 orphelins du Darfour. Or, une enquête d'organisations humanitaires internationales et des missions sur le terrain ont établi que la quasi-totalité des enfants étaient Tchadiens et n'étaient pas orphelins.

Mettant en avant la bonne foi de leurs clients, les avocats des six Français ont fait savoir qu'ils allaient plaider l'acquittement. "L'évacuation d'enfants en danger est prévue par la Convention de Genève, sans qu'aucune responsabilité pénale ne puisse être retenue contre ceux qui les évacuent", souligne notamment Me Céline Lorenzon. Me Gilbert Collard note quant à lui que les accusés doivent faire "passer un message essentiel" lors du procès, c'est-à-dire "qu'ils ne sont pas venus ici pour faire du mal", mais pour "appliquer la doctrine" du droit d'ingérence et "sauver des vies à n'importe quel prix".
 

Par F.A. le 20 décembre 2007 à 06:45
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11 Commentaires

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  • François Daver, le 21/12/2007 à 11h11

    Voila les NEGRIERS des temps modernes ! Et tous ceux qui ont manifeste en France en leur faveur sont COMPLICES et la plupart sont en attente d'un enfant (de preference en bonne sante> d'ou la presence du medecin pour la selection!) à un prix raisonnable ( la plupart ont deja payé) et en evitant les tracasseries de l'adoption legale!! Ce n'est ni plus, ni moins que du TRAFIC d'enfants à BUT LUCRATIF !Tout n'a ete que MENSONGES 'par ex > enfants pas somaliens, pas en danger de mort et pas orphelins !!!! QUI VA OSER DIRE LA VERITE ?????? Ils meritent d'etre lourdement condamnes

  • Marie, le 21/12/2007 à 10h56

    Voilà ils sont très bien là bas ils vont passer un noël au chaud. Ce qu'ils ont fait c'est du n'importe quoi. Ce n'est pas pour le bien de enfants c'est pour leur égo qu'ils faisaient cette opération commando. Ce genre d'association n'a pas lieu d'exister c'est tout simplement une honte et j'espère qu'ils vont être punis à la hauteur

  • Morin, le 21/12/2007 à 10h10

    Je pense que Eric Breteau ferait mieux de fermer sa grande Bouche....(pour ne pas être vulgaire) et d'attendre d'être en France pour parler de mascarade. Là il pourra s'épancher à loisir au pays des droits de la polémique...he pardon, au pays des droits de l'homme.

  • Mumus, le 21/12/2007 à 10h08

    Maître Collard est un comique; il veut plaider le droit d'ingérence pour sauver des enfants orphelins en danger de mort, seulemnt il y a un bémol; les enfants ne sont ni orphelins, et encore moins en danger de mort. L'attitude de Breteau dans cette affaire est déplorable et va jouer contre toute l'équipe qu'il a entraîné dans cette mascarade humanitaire; pour moi il est seul responsable.

  • MANQUAT, le 21/12/2007 à 10h00

    Ces gens dit "humanitaires" sont en fait des "voyous" se permettant d'aller enlever des enfants et mettre la France dans l'embarras avec les pays concernés.Ils doivent être sévèrement punis et purgés leurs peines où ils ont commis leurs forfaits, sans rapatriement.

  • Ollivot, le 21/12/2007 à 09h30

    Cette bande d'imbéciles, c'est le nom que l'on peut leur donner, croit encore que l'on va les croire alors que les vérifications faites par des ONG dignes de ce nom ont prouvé que tous les enfants étaient Tchadiens et avaient leur famille. c'est manifesteùent du rapt d'enfants ;eh bien maintenat qu'ils paient la facture et au prix fort.ils font porter sur les vraies ONG un discrédit immense. quand on entend leur avocat (Stasi) qui dit que cela relève des conventions de Genève car ils sauvaient des enfants on se demande si cet individu pense être sérieux quad il s'exprime ainsi. on a la ,affaire à des illuminés dangereux, encore sont-ils bien traité sau Tchad car les prisons africaines, ce n'est la santé ou fleury. gilbert. pays de la grande dune

  • Béa, le 21/12/2007 à 09h20

    Ne vous inquiétez pas !! St Nicolas va s'occuper de vous !!

  • Euzenot-furiga, le 21/12/2007 à 09h13

    On voudrait nous faire croire que ces six Zozos ont réussi à berner, l'armée française, les autorités diplomatiques et consulaires, les autorités tchadiennes, sans oublier les "rebelles" et les soudannais, qu'ils ont pu sans problèmes louer un 747, le faire survoler et atterir au Tchad, se faire véhiculer par l'armée française et faire des aller-retour en avion pour aller "kidnapper" les mômes. Rudement fortiches, la vérité c'est que tout le monde est mouillé jusqu'au coup, qu'un stock de dollars à dû entrer dans des poches et que les 6 gugus n'y ont vu que du feu. Et arrêtez de vous lamenter sur c'est 103 pôôôôvres enfants, en étant en France il aurait au moins eu une chance de vivre longtemps.

  • Kapper, le 21/12/2007 à 09h00

    Cette affaire met en avant l'existence d'un racicme de compassion très fort en France. "Pauvre petit noir, sans moi le bon blanc, y va mourir, remercie moi petit noir !" C'est le néo colonialisme humanitaire. Je pense surtout aux familles tchadiennes qui des Français ont enlevé les enfants. Quant au mercenaire Breteau, il est de la trempe de ceux qui ont massacré Patrick Loumoumba.

  • Gay, le 21/12/2007 à 08h34

    Ils meritent d etre punis. on n enleve pas des enfants en faisant croire qu on leur va donner une instruction dans leur pays d origine.que la peine soit exemplaire.

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