Le colonel Kadhafi reçu par Bernard Accoyer à l'Assemblée nationale, le 11 décembre 2007 © TF1-LCI 
Kadhafi critique "l'internationalisation" du conflit du Darfour
C'est en pleine visite boycottée par les députés de la gauche et certains de la majorité (lire l'encadré) que le colonel Kadhafi a jeté un nouveau pavé dans la mare. Le dirigeant libyen a critiqué mardi "l'internationalisation du conflit du Darfour", estimant que cette "crise se terminera d'elle-même" si la communauté internationale laisse ses habitants "se débrouiller eux-mêmes". "Cet intérêt que le monde porte au Darfour est parti de bonnes intentions mais est contraire à ce qu'il voulait au départ", a-t-il estimé devant une trentaine de députés.
Réponse immédiate de l'Elysée par la voix de son secrétaire général, Claude Guéant : la solution au problème des réfugiés du Darfour "ne peut qu'être internationale" mais la crise elle-même doit se régler "en interne, entre tous les belligérants". Mais "il faut bien les aider", a-t-il affirmé, relevant que "pourtant, à Syrte, le colonel Kadhafi a fait une conférence internationale
pour essayer de régler cette crise".
Il faut "un seul Etat démocratique" israélo-palestinien
Claude Guéant se référait là à la réunion sur la paix au Darfour organisée par le dirigeant libyen à Syrte, en Libye, fin octobre. Reconnaissant l'échec de ce sommet du fait de l'absence de nombreux protagonistes du conflit, le colonel Kadhafi avait estimé qu'une intervention étrangère ne ferait qu'empirer la situation mais proposé de s'occuper lui-même de ce conflit, en sa qualité de président en exercice de la Communauté des Etats sahélo-sahariens (Cen-Sad), dont fait partie le Soudan.
Une force mixte ONU-Union Africaine de 26.000 hommes doit remplacer début janvier la force africaine de 7.000 éléments actuellement déployée au Darfour, mais le Soudan est accusé par les Nations-Unies d'entraver le déploiement. Par ailleurs le déploiement d'une force militaire de l'Union européenne (Eufor), forte de 3.500 hommes et à composante principalement française, est prévu dans l'est du Tchad, frontalier du Darfour.
Autre dossier abordé par le n°1 libyen au 2e jour de sa visite officielle : le conflit israélo-palestinien. Il faut "un seul Etat démocratique" israélo-palestinien, a-t-il estimé, jugeant "pas faisable de séparer" les Israéliens et les Palestiniens.
| Visite boycottée à l'Assemblée |
Juste avant la réception, plusieurs députés de gauche comme de droite avaient protesté aux abords du Palais Bourbon, où le tapis rouge avait été déroulé, en attendant l'arrivée du leader libyen. Certains ont même été empêchés pendant quelques minutes d'entrer dans l'enceinte de l'Assemblée à cause des mesures de sécurité. "On laisse un dictateur entrer dans l'Assemblée et on empêche les élus du peuple d'y pénétrer", a dénoncé la députée PS Aurélie Filippetti. Dans la rue, Reporter sans Frontière' a organisé une manifestation près de l'Assemblée. Il y a eu de nouvelles interpellations. Plus tard, les députés socialistes et Verts ont quitté l'hémicycle en signe de protestation, lors d'un débat sur l'Europe. Accueilli dans la cour par Bernard Accoyer, le n°1 libyen a eu un entretien avec lui et rencontré des membres du bureau et du groupe d'amitié France-Libye, ainsi que plusieurs sénateurs. Bernard Accoyer a assumé "la responsabilité" de l'accueil officiel de Mouammar Kadhafi. "Si on ne parle pas à ceux qui font des efforts pour rejoindre la communauté internationale (...) on les condamne à retourner vers la marginalisation et je ne pense pas qu'on oeuvre pour la paix", a-t-il fait valoir. Le dirigeant libyen a ensuite pris part à une réception boycottée par la gauche mais aussi une partie de la majorité. La presse était soigneusement tenue à l'écart de cette visite. Seuls les journalistes libyens et deux journalistes d'agence ont pu être présents. Autre action de protestation en réponse à la tente bédouine installée à la demande de Kadhafi à l'hôtel Marigny : des associations ont installé une "tente pour la paix" devant l'Ecole Militaire. |
Retour MYTF1
Chargement en cours...





