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Contrats et polémique pour la visite de Kadhafi


le 10 décembre 2007 à 06h36
Temps de lecture
4min
Rencontre entre Mouammar Khadafi et Nicolas Sarkozy au sommet Europe-Afrique de Lisbonne (8 décembre 2007)

Rencontre entre Mouammar Kadhafi et Nicolas Sarkozy au sommet Europe-Afrique de Lisbonne (8 décembre 2007) / Crédits : TF1/LCI

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AfriqueLe dirigeant libyen arrive à Paris, accueilli par Alliot-Marie, pour une visite de cinq jours qui provoque l'indignation de Rama Yade et de l'opposition.

La France accueille ce lundi Mouammar Kadhafi pour une visite de cinq jours dont le président Nicolas Sarkozy espère une moisson de contrats, mais qui déchaîne les critiques de ceux accusant Paris de sacrifier les principes pour légitimer et armer le "guide" libyen. Le colonel Kadhafi, qui sera accueilli à Orly à sa descente d'avion par Michèle Alliot-Marie, sera reçu lundi et mercredi par Nicolas Sarkozy au Palais de l'Elysée, mais il doit aussi rencontrer des "intellectuels", des membres  de la communauté africaine, visiter le château de Versailles et participer à une "partie de chasse". Il se rendra ensuite à l'Assemblée nationale, même s'il ne bénéficiera pas du privilège d'une visite d'Etat et que les socialistes ont d'ores et déjà annoncé qu'ils refuseront de l'accueillir.
 
L'opposition et les associations internationales ont tout le week-end fustigé cette visite. François Hollande a estimé qu'en accueillant Kadhafi, Nicolas Sarkozy allait recevoir "un chef d'Etat qui justifie aujourd'hui le recours au terrorisme international". Pour le premier secrétaire du Parti socialiste, "aucune signature de contrats commerciaux ne peut légitimer un tel aveuglement de la part de Nicolas Sarkozy". "On n'invite pas en visite d'Etat un grand terroriste", s'est offusqué le philosophe Bernard-Henri Lévy. "C'est indigne", a jugé le chef du MoDem François Bayrou. "Très choquant", pour la socialiste Ségolène Royal.

La colère de Rama Yade

A l'UMP, on se borne à défendre la "realpolitik" de Nicolas Sarkozy même si au sein du gouvernement, la secrétaire d'Etat aux Droits de l'Homme Rama Yade critique lundi cette visite. "Kadhafi doit comprendre que notre pays n'est pas un paillasson, sur lequel un dirigeant, terroriste ou non, peut venir s'essuyer les pieds du sang de ses forfaits. Le France ne doit pas recevoirt ce baiser de la mort", dit-elle dans Le Parisien. "Ce qui me dérange, c'est qu'il arrive un jour de célébration des droits de l'homme. Et je serais encore plus gênée si la diplomatie française se contente de signer des contrats commerciaux, sans exiger de lui des garanties en matière de droits de l'homme", martèle-t-elle. (Lire notre article sur Rama Yade dans Le Parisien)
 

Campant sur ses positions, le chef de l'Etat a justifié samedi l'intérêt d'une telle visite, en considérant que la question des ventes d'armes à la Libye n'est plus un "tabou", depuis la levée d'un embargo de l'UE. A Lisbonne, lors du sommet Europe/Afrique, le chef de l'Etat a assuré à Mouammar Kadhafi qu'il était "très heureux" de le recevoir. "J'ai dit au colonel Kadhafi que j'encouragerai son retour à la respectabilité internationale. Pour le reste, il a sa personnalité, il a son tempérament ce n'est pas moi qui vais le juger".

"Nombreux équipements militaires"

Le chef de l'Etat espère signer un certain nombre d'accords économiques, le patronat voulant profiter de l'ouverture du pays, 3e producteur de pétrole africain. Dans Le Figaro de samedi, le fils de Kadhafi, Seif el-Islam, a annoncé que Tripoli voulait acheter pour plus de 3 milliards d'euros d'avions Airbus, un réacteur nucléaire et de "nombreux équipements militaires". Paris fait notamment le forcing pour vendre une dizaine de Rafale, un avion de combat de 50 millions d'euros qui n'a jamais eu de succès à l'exportation.
 
Paris avait déjà conclu un accord sur le nucléaire et la coopération militaire au lendemain de la libération des infirmières. Une commission d'enquête parlementaire tente de déterminer si des contreparties ont entouré cet  élargissement. Nicolas Sarkozy a démenti tout marchandage. Il affirme ne pas transiger avec les droits de l'Homme, tout en mettant en avant son pragmatisme, se félicitant de ramener des contrats de l'étranger, comme lors de sa visite en Chine (20 milliards d'euros de commandes). Il veut aussi aider tous les pays voulant acquérir du nucléaire civil, notamment dans le monde arabe, ce qui inquiète certains partenaires de Paris.

D'après agence

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