Le Français gravement blessé lors de l'attaque en Mauritanie le 24 décembre 2007 © TF1/LCILe septuagénaire rescapé de l'attaque visant un groupe de Français en Mauritanie lundi, et qui a fait quatre morts, a été rapatrié en France, où il est arrivé mercredi vers 15h30. L'homme avait été évacué à Nouakchott, puis transporté à Dakar où il a été opéré avec succès dans un hôpital du centre-ville. Un avion médicalisé affrété par l'assurance de la victime, qui a décollé de Dakar, a atteri à l'aéroport de Bron, dans la banlieue de Lyon, où François Tollet sera hospitalisé. Peu après son arrivée, le Premier ministre François Fillon lui a adressé un message de "soutien" et de "condoléances", lui faisant part de la "détermination" des autorités françaises à "faire la lumière sur ce drame".
L'homme a été blessé dans une attaque lundi en Mauritanie menée par trois hommes armés, sur le bord d'une route réputée sûre, près d'Aleg, à 250 km à l'est de Nouakchott. Son frère, ses deux fils Jean-Philippe et Didier, ainsi qu'un ami d'enfance de ce dernier ont eux été tués au cours de l'attaque. François Tollet et ses deux fils allaient "tous les ans" pour un séjour en Afrique, a indiqué Raymond Feyssaguet, le maire de Villefontaine, où réside la fille de la victime et où l'épouse passait des vacances. Cette dernière "est très affectée" par la mort de ses deux fils et de son beau-frère dans l'attaque. "Elle n'a pas encore pris de décision concernant les corps de ses fils" et le lieu où ils seront rapatriés, a ajouté Raymond Feyssaguet.
"Nettoyer" la région
Les auteurs de l'attaque, activement recherchés par la Mauritanie, ont fui vers le Sénégal, son voisin du sud, selon les autorités mauritaniennes, qui, après avoir cru dans un premier temps à un acte crapuleux, privilégient désormais la piste d'Al Qaïda. "Le ministre [mauritanien de l'Intérieur] a affirmé (...) que l'attaque a été menée par des extrémistes" affiliés à Al-Qaïda et que ses auteurs "ont été identifiés et sont poursuivis", a déclaré le porte-parole du ministre Mohamed Lemine Ould Chah lors d'une rencontre avec des partis politiques. Le ministre a indiqué que les "terroristes ont bénéficié de complicités, voire de couvertures, à Aleg où ils ont commis leur crime abject", confirmant par ailleurs "l'entrée effective" au Sénégal des trois assaillants. Le parquet de Paris a de son côté ouvert mercredi une enquête préliminaire.
D'après le parquet général de Nouakchott, deux des trois fugitifs sont proches d'un groupe terroriste islamiste affilié au réseau Al-Qaïda. En septembre, le n°2 d'Al Qaïda, l'Egyptien Ayman al Zaouahri, avait appelé les musulmans de la région à "nettoyer" les terres du Maghreb des Français et des Espagnols pour y rétablir l'islam comme à l'époque de l'Andalousie du XVIIe siècle.
Les cinq touristes se rendaient en voiture individuelle au Mali voisin et pique-niquaient sous un arbre aux environs de la ville d'Aleg lorsqu'ils ont été attaqués par trois individus circulant en voiture. Ces derniers, revêtus du chèche traditionnel au Sahel, ont ouvert le feu au fusil mitrailleur, tuant quatre des cinq touristes. Selon le préfet de la région de Brakna, les agresseurs se sont approchés des touristes français pour exiger de l'argent alors qu'ils s'étaient arrêtés pour déjeuner. Devant le refus des touristes, ils ont ouvert le feu.
La France "réévalue" le risque des déplacements en Mauritanie |
La France est "en train de réévaluer" le risque que représente un déplacement en Mauritanie après le meurtre lundi. "Compte tenu de ce drame, nous sommes en train de réévaluer notre approche du risque que présente un déplacement en Mauritanie", a déclaré à la presse la porte-parole du ministère, Pascale Andréani. Le 28 septembre, le Quai d'Orsay avait estimé qu'"à la suite de la menace renouvelée le 19 septembre 2007 par Al-Qaïda à l'encontre des intérêts français au Maghreb, le risque d'attentat terroriste ne pouvait être écarté en Mauritanie". Mais le ministère n'avait de nouveau déconseillé que "le quart nord-est du pays : zone désertique peu contrôlée" frontalière notamment de l'Algérie, ainsi que "la piste traversant sur 10 km le no-man's land séparant le Sahara occidental de la Mauritanie", au nord. |
(D'après agence)
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