Nicolas Sarkozy, lors de son discours à Constantine, le 5 décembre 2007 © TF1/LCI 
Les principaux points du discours
Nicolas Sarkozy a terminé ce mercredi sa visite d'Etat de trois jours en Algérie en s'adressant aux étudiants de l'Université Mentouri à Constantine. En pleine polémique sur les éventuelles excuses de la France, il a une nouvelle dénoncé, comme lundi soir, le système colonial. "Injuste par nature, il ne pouvait être vécu autrement que comme une entreprise d'asservissement et d'exploitation", a-t-il admis devant la jeunesse algérienne, en présence de son homologue Abdelaziz Bouteflika.
En revanche, malgré les insistances du pouvoir algérien, il n'a pas fait acte de repentance pour les crimes imputés à la France pendant la colonisation (1830-1962). "Les fautes et les crimes du passé furent impardonnables. Je ne suis pas venu nier le passé, mais je suis venu vous dire que le futur est plus important", a-t-il expliqué. "Ce qui compte, c'est ce que nous allons accomplir ensemble, et ce que nous allons accomplir ensemble ne dépend que de nous", a-t-il noté.
"L'Union méditerranéenne sur l'amitié franco-algérienne"
De manière plus concrète, le président de la République a vanté l'Union de la Méditerranée, en comparant son projet entre la France et l'Algérie avec le lancement de l'Union européenne entre la France et l'Allemagne au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. "Comme la France offrit jadis à l'Allemagne de construire l'Union de l'Europe sur l'amitié franco-allemande, la France est venue aujourd'hui proposer à l'Algérie de bâtir l'Union méditerranéenne sur l'amitié franco-algérienne", a-t-il souligné -cette initiative n'a suscité jusqu'ici qu'un intérêt poli des pays
concernés, notamment en Algérie ou dans l'Union européenne.
Prenant le Proche-Orient et le conflit israélo-palestinien comme témoin, le chef de l'Etat a également lancé un appel à la paix entre les religions. "Je lance un appel à l'islam de progrès pour qu'il reconnaisse au peuple d'Israël qui a tant souffert le droit de vivre libre. Je lance un appel au peuple d'Israël pour qu'il n'inflige pas au peuple palestinien la même injustice que celle qu'il a subie lui-même pendant tant de siècles", a-t-il dit. "En m'adressant à la jeunesse algérienne, je veux parler àces centaines de millions de musulmans dans le monde qui se reconnaissent comme les héritiers d'un Islam qui a toujours su faire dialoguer la foi et la raison. Au nom de la France, je veux leur dire que leur foi, que les valeurs de la civilisation dont ils sont les dépositaires sont une chance pour le monde", a-t-il ajouté. "Je ne veux pas d'un amalgame entre l'islam et les terroristes, entre les musulmans et les fanatiques", a-t-il asséné.
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