Les membres de l'Arche de Zoé après leur condamnation à huit ans de travaux forcés, le 26 décembre 2007 © TF1/LCI![]() |
| Ce qu'il devrait se passer |
Le Tchad a reçu jeudi soir la demande officielle de la France, qui demande le transfèrement des six membres français de l'Arche de Zoé, condamnés la veille à huit ans de travaux forcés à N'Djamena. "Nous allons y répondre favorablement d'ici demain (vendredi) matin, puisque c'est prévu dans l'accord de 1976" en matière de coopération judiciaire entre Paris et N'Djamena, a déclaré le ministre, Albert Pahimi Padacké. Interrogé sur un possible départ dès vendredi pour la France, le ministre tchadien a répondu : "je ne l'exclus pas à priori, mais l'organisation matérielle est à la charge de la France et je n'ai pas d'information là-dessus pour l'instant".
Les avocats français des six membres de l'association L'Arche de Zoé, condamnés pour "tentative d'enlèvement d'enfants" par la Cour criminelle de N'Djamena pour avoir tenté d'emmener en France 103 enfants depuis l'est du Tchad, ont estimé que leur transfèrement pourrait avoir lieu "dans les jours à venir". Les prisonniers devront être escortés par des officiers de police ou de gendarmerie français, des gendarmes tchadiens, mais aussi par des avocats des parties civile tchadiennes et probablement par un représentant des familles des enfants "pour vérifier que les condamnés sont bien incarcérés une fois arrivés en France", a-t-il précisé.
Huit ans d'emprisonnement
L'article 29 de la convention judiciaire franco-tchadienne du 6 mars 1976 permet en effet à un ressortissant d'un des deux Etats ayant été condamné dans l'autre d'effectuer sa peine dans son Etat d'origine, s'il est d'accord et que cet Etat en fait la demande. S'ils reviennent en France, les six Français devront être présentés au procureur de leur lieu d'arrivée, puis au tribunal correctionnel qui décidera par quelle peine substituer les huit ans de travaux forcés, qui n'existent plus en droit français. Cela pourrait être huit ans d'emprisonnement, a fait valoir jeudi une source judiciaire française. La défense compte au bout d'une période plus ou moins longue sur une grâce du président tchadien Idriss Déby, qui a rencontré Nicolas Sarkozy au début du mois en marge du sommet Afrique-UE à Lisbonne.
Dans ce cas, leur peine serait effacée et ils seraient libres plus rapidement. Cependant, une instruction distincte pour "exercice illégal de la profession d'intermédiaire en vue de l'adoption et escroquerie" reste ouverte à leur encontre à Paris. Ils encourent une mise en examen, voire une mise en détention et un nouveau procès dans ce dossier, où plusieurs plaintes déposées par les familles démarchées en France par l'Arche de Zoé et qui ont versé de l'argent pour l'accueil espéré d'un enfant, ont été regroupées.
Jeudi, pour dénoncer le verdict rendu la veille, les six Français ont entamé une "grève de la faim et de la soif". Ils avaient déjà commencé une "grève de la faim" le 8 décembre, protestant contre une instruction menée selon eux "à charge". Mais ils avaient en fait continué à se nourrir de soupes, à boire de l'eau et des boissons sucrées, et à fumer des cigarettes. "Depuis le verdict, ils ne boivent plus, ils font la grève de la faim et de la soif", a déclaré Me Jean-Bernard Padaré. Jeudi soir, les familles des membres de l'Arche de Zoé ont été reçues à l'Elysée où leur ont été confirmées les démarches pour le transfèrement des six Français.
(D'après agence)
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