Après le meurtre d'un député, l'embrasement

Par A.Ga. (avec agences), le 29 janvier 2008 à 08h18 , mis à jour le 29 janvier 2008 à 15h51

La mort d'un membre de l'opposition exacerbe les tensions dans le pays en proie à des violences depuis la réélection contestée du président Kibaki

KenyaAu Kenya le 29 janvier 2008 © DR

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Le point sur la situation
 

C'est le premier politique à mourir dans les violences qui ont suivi la réélection hautement contestée du président kenyan Kibaki. Mellitus Mugabe Were, un député de l'opposition, a été tué de deux balles dans la tête devant sa maison à Nairobi tôt mardi.
 
Son parti, le Mouvement démocrate orange (ODM), a immédiatement imputé sa mort au gouvernement. Et ses partisans de manifester leur colère depuis dans plusieurs grandes villes du pays. "Plus de 1000 personnes ont été tuées (depuis la réélection de Kikabi, NDLR) et maintenant le meurtre d'un parlementaire porte la violence à un autre niveau", a estimé le porte-parole de l'ODM, qui a appelé au calme.
 
"Un état d'anarchie"
 
A l'annonce du meurtre du député, des partisans de l'opposition sont descendus dans les rues de plusieurs villes dès l'aube manifester leur colère. Devant l'intensification des violences, le président Kibaki a "appelé tous les Kényans à maintenir la paix", mais le chef de l'opposition Odinga a estimé dans le même temps que le Kenya "basculait dans un état d'anarchie". Mardi, dans le pays, au moins neuf personnes ont été tuées, selon des sources policières citées par l'AFP.
 
Les violences se poursuivaient dans la vallée du Rift. Ces derniers jours, une centaine de personnes y ont été tuées. A Naivasha, les journalistes de Reuters ont vu deux hélicoptères foncer à plusieurs reprises en piqué sur la foule, tirant ce que la police a dit être des balles en caoutchouc sur une foule d'environ 600 personnes brandissant des machettes et des bâtons. L'incident s'est produit alors que des camions de la police s'apprêtaient à évacuer environ 300 membres de l'ethnie Luo, réputée favorable à l'opposition, cherchant à fuir la ville et à se protéger d'une foule de Kikuyus, l'ethnie du chef de l'Etat. Des groupes pillent et incendient les maisons et les biens des familles qui tentent de fuir la ville. Des colonnes de fumée s'élèvent de plusieurs quartiers. Dans la banlieue de Nairobi, à Kibera, des bandes d'ethnies rivales ont commencé à s'affronter. Un correspondant de Reuters sur place a vu sept cadavres, certains portant des coupures à la tête et au cou.
 
Selon plusieurs sources, près de 1.000 personnes ont trouvé la mort depuis le rejet par l'opposition de Odinga (un Luo) de la réélection du président Kibaki, (un Kikuyu). Les violences ont fait également au moins 250.000 déplacés. Les pourparlers officiels entre le camp du président kényan réélu Mwai Kibaki et celui de son opposant Raila Odinga ont débuté mardi à Nairobi en présence du médiateur Kofi Annan. "Il n'y a qu'un seul Kenya. Nous avons tous des identités multiples", a déclaré en préambule l'ancien secrétaire général des Nations unies Kofi Annan, médiateur de l'Union africaine dans la crise kényane. Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a jugé la situation "inacceptable".

Par A.Ga. (avec agences) le 29 janvier 2008 à 08:18
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6 Commentaires

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  • Dup dup, le 29/01/2008 à 22h47

    Attendez il n'y a pas de petrole là bas ???? De toute manière la CAN de Foot est plus interesante pr l'opinion publique.

  • Dan Lar, le 29/01/2008 à 16h06

    J'espère que la communauté internationale devra réagir très rapidement pour que l'histoire ne se répète pas coe on l'a vu au Rwanda ou au Burundi

  • Jean Bonnot, le 29/01/2008 à 15h56

    Les événements du Kenya sont dramatiques et le monde entier reste les bras ballants. J'ai le sentiment qu'on s'apprête à revivre la guerre civile des Tutus et Hutsis. Les organisations internationales sont-elles impuissantes ? L'Afrique a-t-elle pour vocation de faire exterminer les ethnies entre elles ? Tant que nos pays civilisés n'amèneront ni soutien économique ni démocratie, mais seulement l'exploitation des ressources, on assistera à des tueries et actes de barbarisme sur le continent africain. On pourrait faire un peu plus d'efforts !

  • Nicolas, le 29/01/2008 à 15h28

    Mais est ce a la communauté internationnale de faire preuve d'ingérence en leur disant ce qu'il faut faire? ne faut'il pas qu'ils prennent leurs responsabilités, et que le gouvernement réagisse seul?

  • Dan, le 29/01/2008 à 14h09

    Combien de meurtres a la machette faut-il pour que la communaute internationale reagisse??? c'est une honte...

  • Alain, le 29/01/2008 à 12h15

    Que font les grand pays face a ces massacres .rien il ni y a rien a gagner.

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