Bras de fer dans les rues de Nairobi

le 03 janvier 2008 à 08h03 , mis à jour le 03 janvier 2008 à 11h23

Tirs de grenades lacrymogènes, tirs d'intimidation à balles réelles : la police et les manifestants convoqués par le chef de l'opposition kényane se font face.

Manifestation de l'opposition à Nairobi (3 janvier 2008)Manifestation de l'opposition à Nairobi (3 janvier 2008) © TF1/LCI

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La police quadrille les rues de Nairobi et fait face aux manifestants. Des grenades de gaz lacrymogènes ont été lancées pour disperser la foule, sans succès. Les forces de l'ordre ont tiré en l'air... Le chef de l'opposition kényane, Raila Odinga, a appelé ses partisans à manifester dans la capitale pour réclamer la démission du président Mwai Kibaki, dont la réélection contestée a déclenché une vague de violences tribales dans le pays au cours des cinq derniers jours. Les rassemblements ont commencé aux premières heures de jeudi mais les autorités kényanes ont interdit la manifestation. "Nous rappelons une nouvelle fois que ce rassemblement a été déclaré illégal et que toute personne y prenant part sera traitée conformément à la loi", a averti le porte-parole de la police.

Des membres de la police paramilitaire (GSU) ont entouré le parc Uhuru, dans le centre ville, où Odinga avait demandé à ses supporters de se rassembler. Les accès d'un hôtel proche du parc ont aussi été barrés par des rouleaux de barbelés. Tous les accès du bidonville de Kibera - le plus grand de la ville et dont Odinga est le député - sont bloqués par la GSU. Et alors que la vie avait repris mercredi dans la capitale kényane après une semaine de paralysie totale, les commerces ont de nouveau baissé le rideau ce jeudi, par crainte d'affrontements.

100.000 Kenyans ont fui leurs foyers

Alors que le bilan des violences s'établit à plus de 300 morts, les deux camps, appelés par une communauté internationale inquiète à trouver un terrain d'entente, se renvoient des accusations de génocide. Le bras de fer se complique de considérations ethniques, puisque les partisans d'Odinga se recrutent principalement au sein de son ethnie Luo, et s'opposent au président sortant Mwai Kibaki, dont l'ethnie Kikuyu domine la vie politique et économique du pays. Déjà 100.000 Kenyans ont fui leurs foyers, un grand nombre d'entre eux se rendant en Ouganda, tandis que des attaques de représailles faisaient suite à l'incendie de l'église d'Eldoret, dans l'ouest du pays, où une trentaine de Kikuyus ont péri.

"Ce que Kibaki a fait, ce n'est rien d'autre qu'un coup d'Etat civil et il gouverne maintenant par décret. Devons-nous permettre de genre de crime commis contre le peuple du Kenya ?" a déclaré mercredi Odinga à la BBC. "Le peuple n'acceptera pas ce trucage des urnes par un gouvernement qui ment. Nous ne pouvons pas non plus voir un gouvernement tirer sur son peuple".

John Kufuor, président du Ghana qui assure la présidence de l'Union africaine, doit tenter une difficile mission de médiation au Kenya, et l'archevêque sud-africain Desmond Tutu est arrivé lui à Nairobi pour offrir son aide. La secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice a téléphoné aux deux dirigeants rivaux pour les exhorter à "faire tout leur possible au nom de la réconciliation nationale". Le gouvernement kényan et des personnalités religieuses ont appelé les dirigeants locaux à prêcher l'unité au sein de leurs communautés. Et de la société civile kényane, l'une des plus actives en Afrique, montent des appels pour éviter un drame similaire à celui du Rwanda ou de la Somalie.

D'après agences

le 03 janvier 2008 à 08:03
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