Des soldats postés en Côte d'Ivoire © TF1/LCIUn ressortissant français, Jean-Paul Ney, auteur de plusieurs ouvrages sur le terrorisme et les services de renseignement, a été interpellé il y a huit jours à Abidjan où il est entendu depuis par le contre-espionnage ivoirien pour atteinte à la sûreté de l'Etat. "Les motifs de sa présence et les circonstances de son interpellation ne sont pas clairs", a indiqué l'ambassade de France en Côte d'Ivoire, qui dit avoir été informée de son interpellation le 1er janvier.
Jean-Paul Ney a été interpellé dans la soirée du 27 décembre par la gendarmerie ivoirienne alors qu'il se trouvait à proximité du siège de la télévision d'Etat ivoirienne RTI, a expliqué une source proche du dossier. Selon les autorité ivoiriennes, il a été arrêté en possession de matériel photographique et s'est présenté en tant que reporter d'images. Rapidement transféré à la DST, le ressortissant a expliqué être en reportage pour le compte d'une grande agence photo. Son audition se poursuivait toujours vendredi, les auditions en matière de contre-espionnage n'étant pas limitées dans le temps.
Fortes tensions
Cette interpellation intervient dans un contexte tendu en Côte d'Ivoire, pays qui a été le théâtre fin décembre de fortes tensions, notamment des mouvements de colère d'anciens combattants liés à la relance du processus de désarmement. Les Forces nouvelles, l'ex-rébellion qui contrôle depuis 2002 la moitié nord du pays et qui a signé en mars un accord de paix avec le président Laurent Gbagbo, a en effet annoncé le 28 décembre avoir déjoué, la veille à Bouaké, dans son fief, un "complot" ourdi, selon elles, par l'ancien putschiste Ibrahim Coulibaly, en exil au Bénin. Deux jours plus tard, les FN ont de nouveau mis en cause Coulibaly, l'accusant d'avoir fomenté un "coup d'Etat" simultané à Bouaké et à Abidjan où il devait, selon elles, rejoindre des "complices".
Au Niger, deux journalistes français de la chaîne de télévision franco-allemande Arte avaient été arrêtés le 17 décembre dernier et inculpés d'"atteinte à la sûreté de l'Etat", passible de la peine de mort. Jeudi, la France a appelé le Niger à faire preuve de "clémence" et à libérer les deux journalistes "qui exerçaient leur mission d'information". Ils avaient obtenu une autorisation pour des reportages sur la grippe aviaire dans le centre-sud du Niger, mais se sont également rendus dans le nord, strictement interdit à la presse, où ils ont réalisés des films sur le Mouvement des Nigériens pour la justice, la rébellion touareg, affirme Niamey. En Somalie, un autre journaliste français avait également été arrêté mi-décembre avant d'être relâché huit jours plus tard par ses ravisseurs.
(D'après agence)
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