Les véhicules de la caravane du Dakar-2008 (3 janvier 2008) © TF1/LCILe Dakar 2008 annulé, désarroi chez les concurrents :
le témoignage sur place de Nathalie Pellerin |
La sécurité aura finalement primé : le Dakar-2008 est annulé, une première dans l'histoire du rallye. Une décision prise après la mise en garde gouvernementale sur la Mauritanie. "Le gouvernement français a invoqué la raison d'Etat pour nous recommander formellement de ne pas donner le départ du Dakar. La raison d'Etat ça ne s'explique pas et ça ne se commente pas. J'ajoute que des communiqués d'al-Qaïda au Maghreb citaient le Dakar ; je ne connais pas la teneur de ces communiqués mais le Quai d'Orsay les a en sa possession", a affirmé Etienne Lavigne, le directeur du Dakar, lors d'une conférence de presse lourde d'émotion. "Une terrible nouvelle", a-t-il reconnu, tout en affirmant : "Le Dakar est sonné, mais le Dakar est debout", et en donnant d'ores et déjà rendez-vous aux participants et journalistes pour l'édition 2009 : "Vous serez là. Nous vous faisons confiance, et vous devez nous faire confiance".
A une question lui demandant si l'annulation était une victoire du terrorisme, Etienne Lavigne a répondu à deux reprises : "Tristement, oui". Le communiqué diffusé par les organisateurs du Dakar avant cette conférence de presse faisait lui aussi référence à "des menaces directes lancées contre la course par les mouvances terroristes". "S'il était arrivé la moindre chose, c'était toute la crédibilité d'AS0 qui aurait été remise en cause", avait souligné, avant même l'annonce officielle de l'annulation, le directeur des sports de France Télévisions Daniel Bilalian. Mais pour lui, il aurait été "très difficile de zapper la Mauritanie car la moitié de la compétition et sa partie la plus spectaculaire se déroule dans son désert, et le Dakar c'est le désert". Le Premier ministre François Fillon a pour sa part salué "une décision sage".
Désarroi chez les organisateurs
La Mauritanie promettait d'être à la fois le plat de résistance et le juge de paix de l'épreuve. Huit des quinze étapes du rallye empruntaient en effet la Mauritanie et une journée de repos devait se tenir à Nouakchott. Le désert de dunes du pays était le sommet sportif de l'épreuve qui devait pénétrer en Mauritanie le 11 janvier pour n'en sortir que le 19, veille de l'arrivée. Mais, après l'assassinat de quatre touristes français le 24 décembre en Mauritanie lors d'une attaque attribuée par les autorité mauritaniennes à l'islamisme radical, le porte-parole du gouvernement français Laurent Wauquiez avait déclaré cette semaine, après le Conseil des ministres, que le ministère des Affaires étrangères déconseillait "fortement à tous les Français de se rendre en Mauritanie jusqu'à nouvel ordre". Et il avait souligné : "Ça vaut pour tous les Français, comme pour l'organisation du rallye Lisbonne-Dakar".
Ces déclarations avaient pris les organisateurs complètement par surprise. Juste après l'attaque contre les touristes français, Etienne Lavigne s'était rendu en Mauritanie pour s'entretenir en tout urgence avec les autorités mauritaniennes. Mercredi soir, fort du soutien d'un communiqué du gouvernement mauritanien ("toutes les mesures de sécurité ont été prises pour que le passage se déroule en toute quiétude"), il estimait que "toutes les conditions de sécurité étaient réunies" avec notamment le déploiement de 4000 hommes et une "surveillance aérienne accrue".
En 2007 déjà, des menaces du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC algérien) avaient contraint les organisateurs à annuler deux étapes alors qu'en 2006 et 2000 les organisateurs avaient mis en place des pont aériens pour éviter le nord du Mali et le Niger.
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D'après agence
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Le Dakar endeuillé pour son premier jour de course

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