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| Le point sur la situation |
La mort d'un premier député de l'opposition mardi avait déclenché une nouvelle vague de violences. Celle d'un deuxième, jeudi aura entraîné l'ajournement des pourparlers entamés dans la matinée pour trouver une solution à la crise qui ensanglante le Kenya. La raison de cette suspension : "que les négociateurs puissent s'occuper d'affaires urgentes et appellent leurs circonscriptions", a expliqué Kofi Annan, médiateur de l'Union africaine.
Le député David Kimutai Too a été tué par balles jeudi par un policier dans une banlieue de la ville d'Eldoret, alors qu'il s'apprêtait à rentrer dans un hôtel en compagnie d'une femme, également policière, selon la police. Cette dernière privilégie la piste du "crime passionnel".
Des violences qui ont fait plus de 1.000 morts
Tout comme Melitus Mugabe Were, tué à Nairobi, David Kimutai Too était député du Mouvement démocratique orange (ODM), le parti du leader de l'opposition Odinga. Ce dernier parle d'un "complot" pour affaiblir son camp au Parlement. Après le meurtre du premier député, il avait affirmé que "ses adversaires" politiques, en référence au camp du président Kibaki, étaient impliqués dans cet "assassinat brutal".
Odinga, arrivé officiellement deuxième de la présidentielle, accuse le camp de Kibaki d'avoir fraudé dans les élections du 27 décembre, dont les résultats sont entachés de graves irrégularités selon de nombreux observateurs. Depuis l'annonce de la victoire de Kibaki, le 30 décembre, des violences à travers le pays ont fait près de 1.000 morts, et de 250.000 à 300.000 personnes déplacées.
D'après Kofi Annan, les pourparlers devraient reprendre vendredi. Chaque camp est représenté par trois députés, mandatés par Kibaki et Odinga pour négocier en leur nom. Mardi, le médiateur de l'Union africaine avait estimé possible de résoudre les problèmes fondamentaux de la crise kényane "d'ici à un an" et "les problèmes politiques immédiats (...) d'ici à quatre semaines, voire plus tôt". Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-Moon se rendra vendredi à Nairobi pour rencontrer le chef de l'opposition Odinga après un entretien avec le président Kibaki.
Le Conseil de sécurité des Nations unies doit "agir" au Kenya pour éviter que ce pays ne "sombre dans un conflit meurtrier à caractère ethnique", a déclaré jeudi soir le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner.
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