Scènes de violences à Nairobi au Kenya après la réélection de Kibaki © TF1/LCILe président Mwai Kibaki, dont la réélection contestée à la tête du Kenya a été suivie d'un déchaînement de violences qui pourrait avoir fait plus 600 morts, a invité le chef de l'opposition et candidat malheureux au scrutin du 27 décembre, Raila Odinga, à participer à la fin de la semaine à des entretiens pour tenter de mettre fin à la crise politique. Un appel qui s'adresse non seulement au leader du Mouvement démocrate orange (ODM) et à cinq de ses membres éminents, mais aussi à plusieurs dignitaires religieux. Un rendez-vous est proposé vendredi à partir de 14h30 locales (soit 11h30, heure française). Une proposition acceptée par Raila Odinga, mais qui exige la présence lors de cette rencontre du président de l'Union africaine John Kufuor. Ce dernier est attendu en début de soirée au Kenya.
Lundi encore, le président américain George W. Bush a pressé le gouvernement kényan et l'opposition d'entamer un dialogue "de bonne foi" et de mettre fin à la violence afin de rechercher "une solution politique durable" à la crise. Le fait que le Mwai Kibaki invite son rival apparaît comme une réponse aux critiques sévères formulées par la secrétaire d'Etat adjointe américaine chargée des Affaires africaines, Jendayi Frazer. "Ils (les Kényans) ont été floués par leurs dirigeants et leurs institutions", a-t-elle déclaré à la presse, alors que l'opposition accuse le président Kibaki de fraudes. L'émissaire américaine, qui mène des consultations à Nairobi depuis trois jours, a estimé "nécessaire" que la "crise soit réglée par les deux leaders, Kibaki et Odinga, (et qu'ils) travaillent ensemble afin de renforcer les institutions kényanes parce qu'il y a des problèmes majeurs dans le système électoral".
Manifestations annulées mardi
Dans un apparent climat d'apaisement, le parti de Raila Odinga avait décidé plus tôt lundi d'annuler ses manifestations prévues mardi, expliquant sa décision par la venue prochaine du président en exercice de l'Union africaine, John Kufuor, pour une médiation. Le gouvernement kényan s'était aussitôt félicité de l'annulation de ces manifestations interdites par les autorités. En outre, le président Kibaki a annoncé lundi dans un communiqué la convocation d'une nouvelle session parlementaire à partir du 15 janvier, alors qu'il avait jusqu'à fin mars pour convoquer le nouveau Parlement issu des élections générales.
Les positions, apparemment irréconciliables, des deux prétendants à la présidence semblent donc se rapprocher au fil des jours. Dimanche, Odinga avait plaidé pour un règlement négocié de la crise et s'était dit disposé à un partage du pouvoir, à la condition que sa victoire à la présidentielle soit reconnue. La veille, Kibaki s'était dit de son côté "prêt à former un gouvernement d'union nationale", proposition immédiatement rejetée par son rival qui posait comme préalable à tout dialogue la présence d'un médiateur international.
D'après agence
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