Les deux journalistes Thomas Dandois et Pierre Creisson à leur arrivée à Paris le 19 janvier, après un mois de détention au Niger © TF1/LCILibres et de retour en France. Après près d'un mois de détention, les deux journalistes français Pierre Creisson et Thomas Dandois, inculpés et incarcérés au Niger pour "atteinte à la sûreté de l'Etat", ont posé le pied sur le sol français samedi en début d'après-midi. Fatigués mais visiblement soulagés, ils ont retrouvé leur famille et les comités de soutien venus les accueillir. Lors d'un point presse, leurs premiers mots ont été pour leur chauffeur Al-Hassane Abdourahman, encore détenu au Niger : "on ne le laissera pas derrière nous, on va se battre pour lui", a déclaré Pierre Creisson.
Les journalistes ont également expliqué que les conditions de leur détention avaient été "plutôt bonnes", précisant n'avoir "jamais été maltraités". "Le plus difficile pour nous, c'était de ne pas avoir d'échéance, ce qui fait que le moral joue le yo-yo", a expliqué Pierre Creisson. Concernant les circonstances de leur arrestation, ils ont estimé que leur téléphone satellitaire avait certainement été sur écoutes depuis le début de leur reportage. "On savait qu'il y avait une part de risque, que ça allait être compliqué, mais on ne pensait pas que ça prendrait des proportions telles", a commenté Thomas Dandois.
15.257 euros chacun
Conformément à ce qu'avait demandé la justice nigérienne, une caution de 10 millions de francs CFA, soit 15.257 euros, pour chacun d'eux a été versée, selon Reporters sans Frontières. Pour Robert Ménard, président de RSF, l'accord signé le 13 janvier entre la société française Areva et l'Etat nigérien a sûrement aidé à changer le climat autour de l'emprisonnement des deux journalistes. Aux termes de cet accord, Niamey est désormais autorisé à écouler une partie de son uranium en 2008 et 2009 directement sur le marché mondial, alors que jusqu'ici le groupe français, en situation de monopole sur ce produit nigérien jusqu'en 2006, s'en chargeait en échange du paiement de royalties.
L'instruction au Niger n'est en tout cas pas close, même si un des avocats des deux journalistes, William Bourdon, compte demander un non-lieu. "Il y a une possibilité qu'il y ait un procès, il y a aussi une possibilité que ça aboutisse à un non-lieu. On attend de voir, on est assez sereins car on a fait notre boulot et que ça", a estimé Thomas Dandois.
Les deux journalistes en reportage pour la chaîne franco-allemande Arte poursuivis pour "atteinte à la sûreté de l'Etat", avaient été emprisonnés le 21 décembre après avoir filmé les chefs de la rébellion touareg du Mouvement des Nigériens pour la justice alors qu'ils avaient obtenu une autorisation pour des reportages sur la grippe aviaire. Ils étaient théoriquement passibles de la peine de mort au regard du chef d'inculpation retenu.
D'après agence
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