La police disperse les manifestants au Kenya, le 3 janvier 2008 © TF1/LCI| Quel acteur international pourrait apaiser le Kenya ? |
Rendez-vous manqué pour l'opposition kenyane, qui avait appelé ses partisans à manifester jeudi. La police a en effet empêché jeudi matin les partisans de l'opposition de rallier le centre-ville, bloquant les principaux axes et ayant recours aux gaz lacrymogènes contre les habitants du plus grand bidonville de Nairobi, Kibera, qui voulaient rejoindre le centre-ville pour y manifester. Le Mouvement démocratique orange de Raila Odinga, candidat malheureux à la présidentielle kényane, a donc décidé de reporter son rassemblement, dans un premier temps au 8 janvier, puis finalement à vendredi. "Nous serons là jusqu'à ce que la volonté du peuple prévale", a déclaré un responsable du parti, William Ruto. "Nous sommes un peuple pacifique. Nous ne voulons pas de violences ou de destructions de biens (...) Nous allons nous en aller comme des gens qui aiment leur pays", a ajouté William Ruto, bras droit de Raila Odinga.
Deux députés de l'opposition ont également été arrêtés jeudi à Kisumu par la police pour avoir incité les partisans du chef de l'opposition à manifester. "Nous sommes maintenant en train de disperser divers groupes de jeunes qui avançaient vers la ville [de Kisumu] pour provoquer le chaos", a déclaré un haut responsable de la police de la province de Nyanza, Michael Baraza. Neuf personnes ont par ailleurs été tuées jeudi, dont six par la police. Ces décès portent à au moins 351 le nombre de tués dans les violences politico-ethniques depuis le 27 décembre.
Une enquête indépendante
Une semaine après l'élection présidentielle, les résultats sont en effet contestés par le camp de Raila Odinga, qui rejette la réélection controversée du président Mwai Kibaki. Face à ces accusations de fraude et aux violences qui ont suivi, le procureur général du Kenya s'est donc déclaré jeudi en faveur d'une enquête indépendante sur le résultat de l'élection. "Il est nécessaire (...) qu'un décompte juste des bulletins valides soit entrepris immédiatement et de façon prioritaire par une personne ou un organisme indépendant et faisant consensus", a déclaré Amos Wako dans un communiqué lu à la télévision.
De son côté, le président kényan nouvellement réélu, Mwai Kibaki, s'est dit jeudi "prêt" au dialogue politique, une fois "le calme" revenu dans le pays. "Je veux vous assurer que le gouvernement fait tout son possible pour assurer la sécurité des Kényans (...) Ceux qui continuent à violer la loi devront en répondre" devant la justice, a-t-il toutefois ajouté. Jeudi, l'Union européenne et les Etats-Unis ont en tout cas appelé Mwai Kibaki et Raila Odinga à la réconciliation dans l'espoir de trouver une issue à la crise.
Du côté des pays occidentaux, dont de nombreux ressortissants sont en vacances au Kenya, les appels à la prudence se multiplient. L'association de tour-opérateurs français Ceto a décidé de prolonger jusqu'au 18 janvier inclus la suspension de tous les départs vers le Kenya, a annoncé jeudi son président René-Marc Chikli (voir notre vidéo). Ce dernier a précisé que sur le millier de clients partis cette semaine en vacances dans ce pays de l'est de l'Afrique, il en restait "500, qui vont rentrer en France aux dates prévues". De leur côté, les principaux tour-opérateurs britanniques ont décidé jeudi de suspendre jusqu'à samedi inclus leurs voyages vers le Kenya. Pour leur part, les autorités kenyanes ont affirmé jeudi que la sécurité des touristes étrangers était assurée. "Nous contrôlons la situation, tous les touristes sont bien protégés" a déclaré le porte-parole de la police Eric Kiraithe.
D'après agences
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