La police kényane a reçu l'ordre de "tirer pour tuer" les pillards, les incendiaires et les personnes portant des armes ou bloquant les routes, pour tenter d'endiguer les violences dans le pays, a déclaré mercredi à un officier de la police kényane. "Il y a quatre catégories de personnes qui feront face à une action dure de la police: ceux qui pillent, brûlent des maisons, portent des armes, bloquent les routes", a déclaré cet officier sous couvert d'anonymat. "Nous avons des ordres de tirer pour tuer ces catégories de personnes si elles sont prises en flagrant délit", a-t-il ajouté.
Selon cet officier, l'ordre a été donné peu après l'ouverture formelle mardi à Nairobi de pourparlers entre le président réélu Mwai Kibaki et son rival Raila Odinga, en présence du médiateur, l'ancien secrétaire général de l'ONU Kofi Annan. Au total, 22 personnes ont été tués depuis lundi soir dans le pays où pour la première fois, des hélicoptères de l'armée ont ouvert le feu sur des groupes rivaux à Naivasha, dans la vallée du Rift (ouest), épicentre des violences entre communautés, liées à l'élection et qui ont attisé d'anciens conflits fonciers jamais résolus depuis l'indépendance.
Près de 1.000 personnes ont été tuées et environ 250.000 déplacées dans les violences politico-ethniques au Kenya qui ont suivi l'annonce le 30 décembre de la réélection du président Mwai Kibaki, accusé par le chef de l'opposition Raila Odinga de lui avoir volé la victoire.
(D'après agence)






