N'Djamena aux mains des rebelles tchadiens

le 02 février 2008 à 07h17 , mis à jour le 02 février 2008 à 23h04

Samedi, les rebelles se sont emparés de la capitale tchadienne mais pourraient accepter un cessez-le-feu, assure Tripoli.

Tchad
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Un Français sur place : "On entend les combats"


En quelques jours à peine, ils ont traversé tout le pays. Samedi matin, ils étaient aux portes de la capitale, N'Djamena, et des Français présents sur place et joints par téléphone par les télévisions et radios évoquaient des tirs d'arme lourde aux portes de la ville. A présent, les rebelles se sont emparés de la capitale tchadienne : la chute de N'Djamena a été annoncée samedi en fin de matinée de source militaire. "Toute la ville est entre les mains des rebelles. Il n'y a plus que des  combats de nettoyage", a indiqué cette source. Et si un calme relatif régnait samedi en fin après-midi à N'Djamena où les tirs n'étaient plus que très sporadiques, la situation restait confuse autour de la présidence où était retranché le chef de l'Etat tchadien Idriss Deby Itno.

A la mi-journée, ce dernier a pourtant tenté pendant une demi-heure, apparemment sans succès, de desserrer l'étau de la rebellion qui l'encercle, en faisant tirer des chars le protégeant. "Idriss Deby est encerclé, il peut se rendre s'il le souhaite", a déclaré un responsable de la rebellion. Mais alors que la rébellion tchadienne envisageait d'attaquer le bâtiment présidentiel, le principal chef de la rébellion tchadienne, le général Mahamat Nouri, aurait accepté samedi soir un cessez-le-feu proposé par le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, a rapporté l'agence officielle libyenne Jana.

La France condamne l'action des rebelles

Face à la dégradation rapide de la situation, l'Union africaine, qui condamne l'attaque des rebelles, a mandaté le président congolais et le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi pour "trouver une solution négociée". Le président Idriss Deby Itno, chef militaire arrivé au pouvoir par les armes en 1990, avait regagné N'Djamena vendredi lorsque ses forces n'avaient pas réussi à  stopper l'avancée des rebelles lors de violents affrontements à une cinquantaine de kilomètres au nord de la capitale. Depuis, il s'est longuement entretenu au téléphone avec Nicolas Sarkozy, qui a ensuite fait le point avec le ministre de la Défense Hervé Morin.

Paris condamne "fermement la tentative de prise du pouvoir par la force" au Tchad "par des groupes armés venus de  l'extérieur", appelle à "l'apaisement et à la réconciliation" et apporte son "soutien à la médiation que vient d'engager l'Union Africaine en ce sens". De son côté, le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner a souhaité qu'il y ait une "trêve", des "négociations" et un "arrangement" entre le pouvoir et la rébellion tchadienne. En parallèle, Paris a commencé à évacuer les ressortissants étrangers qui le souhaitaient. Samedi vers 22 heures, un premier avion a décollé de N'Djamena avec à son bord 75 ressortissants étrangers évacués à destination de Libreville (lire notre article sur l'évacuation des Français).

La delicate position de l'Eufor

La bataille de N'Djamena coïncide aussi avec le début du déploiement de la force européenne dans l'est du Tchad et en Centrafrique. Le chef de la diplomatie tchadienne a d'ailleurs accusé le Soudan d'être derrière l'offensive des rebelles, avec pour but d'empêcher l'arrivée de  l'Eufor et de fermer toute "fenêtre" sur le Darfour.

Les 3700 hommes de la force européenne, dont 2100 Français, sont censés d'ici à fin mai protéger les réfugiés du Darfour ainsi que les déplacés internes tchadiens et centrafricains, soit 450.000 personnes au total. Ce double déploiement militaire français au Tchad, avec des missions totalement différentes, place Paris dans une situation diplomatique délicate, vis à vis des Européens partenaires de l'Eufor, et du régime qui pourrait succéder à celui d'Idriss Deby s'il venait à tomber. 

D'après agence

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le 02 février 2008 à 07:17
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8 Commentaires

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  • 4x4, le 02/02/2008 à 12h02

    Pour info la france est presente au tchad avec l operation epervier depuis les année 1983-1984 avec le 1er regiment de spahi d orange qui venait de se reconstituer(recrutement dans divers regiment de cavalerie)je suis moi meme un ancien cuirassier

  • Maisonnave-couterou, le 02/02/2008 à 10h54

    Les rebelles tchadiens sont membres de l'Etat Major de l'armée tchadienne appartenant à la tribu Zaghawa, celle qui se trouve à cheval sur le Soudan/Darfour. Idriss Deby n'a rien fait pour protéger les villages Zaghawa contre les attaques JenjawidsDeby s'est fait à bon compte défenseur des enfants zaghawa du darfour avecl'affaire de l'Arche de Zoé: apparemment cette farce n'a pas convaincu la cellule rebelle qui n'a d'autre objectif que de rétablir la démocratie au Tchad Pauvre Zarkozy !

  • Jean Bonnot, le 02/02/2008 à 10h35

    J'approuve le mot de Tschumperlé et je voudrais le compléter d'une remarque. Les français qui sont en Afrique sont soit des humanitaires missionnés par des associations reconnues, soit des gens qui veulent faire fortune. Ces derniers n'ont pas à être indemnisés par le contribuable au retour en métropole. Leur prise de risque est fondée sur un espoir de gain que nous n'avons pas à rémunérer. Le contribuable n'est pas un "trader" !

  • Le sagard, le 02/02/2008 à 10h23

    C'est maintenant que nous allons voir,la contrepartie du rapatriement de l'arche de noé.Les Francais doivent rentrer chez nous,et l'armée ne doit pas intervenir,il est anormal que l'on traite notre pays de vilain colonisateur,et que l'on nous appel a l'aide a chaque coup de fusil

  • Bergot, le 02/02/2008 à 10h00

    Alors monsieur le président tchadien, allez vous tenter d'arrêter les rebelles avec votre parodie de code pénal.

  • Michel, le 02/02/2008 à 09h32

    Je suis alle au TCHAD en fevrier 1979 et on peut dire que l'histoire est un eternel recomencement

  • Perrotto, le 02/02/2008 à 09h32

    Encore un pays qui risque de basculer dans la guerre civile, les réfugiés du Darfour vont en faire les frais ainsi que la population tchadienne. Pauvre afrique.

  • Tschumperlé, le 02/02/2008 à 07h53

    Le Président DEEBY a bien autre chose à faire que s'occuper de l'Arche de Zoé. Et le Président Sarkozy a le devoir de mettre les français à l'abri. Il ne faut plus laisser nos ressortissants mettre les pieds sur le continent africain qui bascule peu à peu dans la violence. Il serait prudent de couper toutes les liaisons aériennes et maritimes avec ce continent, dans les 2 sens.

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