Un rebelle tchadienDans N'Djamena, l'armée semble avoir repris le contrôle de la situation, mais les combats du week-end ont fait beaucoup de morts et au moins 500 blessés, selon un premier bilan très partiel établi lundi de source humanitaire internationale. Le ministre tchadien des Mines, le général Mahamat Ali Abdallah, commandant des opérations gouvernementales, a affirmé que "l'ennemi (était) complètement en débandade". Mais l'alliance rebelle, qui a traversé tout le pays d'est en ouest en une semaine pour attaquer N'Djamena, évoque un retrait purement tactique. Des experts étrangers évoquent toutefois un avantage logistique à terme pour le président Idriss Deby Itno, qui dispose de munitions dans la capitale et de réserves en carburant à l'aéroport, protégé par le dispositif français Epervier. Les bases arrière des rebelles se trouveraient, elles, à plusieurs centaines de kilomètres.
Des milliers d'habitants ont fui N'Djamena vers le Cameroun voisin pour échapper aux combats. Aux abords de la présidence, les scènes de destruction sont multiples : vitres brisées, impacts de balles, d'obus ou de roquettes sur les façades, arbres sectionnés, véhicules calcinés. Des cadavres de civils gisent à même le sol. Ici, personne ne circule : de source militaire, on explique que l'armée a reçu comme consigne de tirer à vue. Portails des maisons enfoncés, lavabos arrachés, véhicules n'ayant plus le moindre pneu... les pillages ont été nombreux. Le grand marché de N'Djamena a été en partie incendié puis pillé, comme le siège de la radio nationale.
Le Soudan dément toute implication
Le Tchad accuse Khartoum, parrain des rebelles tchadiens ces dernières années, d'être l'instigateur de cette offensive, qui pourrait avoir pour but de perturber le déploiement de la force européenne dans l'est du Tchad et en Centrafrique (Eufor), censée protéger 450.000 réfugiés du Darfour soudanais et déplacés tchadiens et centrafricains. Le président français Nicolas Sarkozy a affirmé lundi que le déploiement de l'Eufor, suspendu, "ne pourra se faire que lorsqu'un minimum de paix sera revenu au Tchad". Depuis Bucarest, où il était en déplacement, il a appelé à "soutenir le gouvernement légitime" du Tchad, tout en affirmant la volonté française de ne pas s'impliquer davantage.
"Ce qui se passe au Tchad est une affaire interne et le Soudan n'a rien à y voir", a répété lundi le porte-parole des forces armées soudanaises, en écho à un premier démenti soudanais d'une implication dans l'offensive rebelle lancée il y a une semaine au Tchad. Ces démentis n'ont pas empêché Washington de contacter Khartoum pour lui demander de "cesser immédiatement" tout soutien aux rebelles, au cas où un tel appui existerait, a indiqué le département d'Etat.
Pour sa part, le Conseil de sécurité de l'ONU a, lundi, après de longues discussions, "condamné fermement les attaques perpétrées par des groupes armés contre le gouvernement tchadien", rappelant son soutien "à la souveraineté, l'unité, l'intégrité territoriale et l'indépendance politique du Tchad". Le Conseil a aussi appelé "les Etats membres à apporter leur soutien au gouvernement du Tchad", dans une déclaration non contraignante, rédigée par la France. Paris, a commenté après cet appel le chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner, espère "ne pas avoir à intervenir plus avant" militairement.
D'après agence
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