La fin du "gendarme français" ?

le 28 février 2008 à 16h33 , mis à jour le 28 février 2008 à 22h37

Nicolas Sarkozy a profité de son voyage en Afrique du Sud pour annoncer une remise à plat de la présence militaire française sur le continent noir.

[Expiré] [Expiré] Soldats français Congo © AFP - LIONEL HEALING

Attendu depuis des mois sur ses promesses de "rupture" avec les pratiques controversées de ses prédécesseurs dans la région, Nicolas Sarkozy a choisi le premier jour de sa visite d'Etat en Afrique du Sud pour s'attaquer à l'un des piliers de la "Françafrique" : celui du "gendarme français".
 
 Il a en effet annoncé une renégociation de tous les accords militaires de la France en Afrique dans un discours prononcé jeudi après-midi devant le parlement sud-africain. "La France n'a pas vocation à maintenir indéfiniment des forces armées en Afrique. L'Afrique doit prendre en charge ses problèmes de sécurité", a-t-il lancé. "La présence militaire française en Afrique repose toujours sur des accords conclus au lendemain de la décolonisation, il y a plus de 50 ans ! Ce qui a été fait en 1960 n'a plus le même sens aujourd'hui", a-t-il poursuivi, déclenchant les applaudissements de l'assistance.

Objectif de cette nouvelle politique : que la France n'agisse plus seule, mais en pleine concertation avec l'Union africaine et l'Union européenne. Le meilleur exemple : le début du déploiement dans l'est du Tchad de l'Eufor, chargée d'assurer la sécurité des réfugiés de la province soudanaise voisine du Darfour.  
 
Transparence
 
Nicolas Sarkozy a également affirmé que "contrairement à la pratique passée", tous les nouveaux accords "seront intégralement publiés". "J'associerai également étroitement le Parlement français aux grandes orientations de la politique de la France en Afrique", a-t-il promis. Selon lui, "le principe de transparence" est "le meilleur antidote aux fantasmes et aux incompréhensions".
 
Très critiqués en Afrique, les accords de défense discrètement signés dans les années 1960 par Paris avec ses ex-colonies constituent le fondement juridique de la présence française dans les pays d'Afrique et y ont justifié ses interventions armées multiples et controversées. C'est en vertu d'un de ces documents que l'armée française a, au début du mois, apporté un soutien décisif en matière de logistique et de renseignement au régime du président tchadien Idriss Deby, menacé par les rebelles.
 
Fermeture de bases
 
La remise à plat annoncée par Nicolas Sarkozy devrait donc se traduire par la fermeture d'un certain nombre de bases -notamment celle d'Abidjan- et une réduction des quelque 9.000 soldats déployés sur le continent. "Il faut se poser la question de nos intérêts, sachant que certains pays veulent que l'on reste", explique-t-on à Paris. "L'idée consiste à balancer tout ce qui n'a pas de sens et a pour seul effet d'entretenir le mythe que la France n'a que des intérêts de prédation en Afrique. Le principe qui justifie le maintien de nos bases, c'est la contribution que nous pouvons apporter aux pays africains en matière de paix", ajoute-t-on dans les milieux diplomatiques.   
  
Un bémol néanmoins : cette remise à plat ne signifie pas forcément que la France n'agira pas pour un éviter à un pays de bousculer. "La rénovation oui, la rupture non", souligne un diplomate.

D'après agence

le 28 février 2008 à 16:33
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17 Commentaires

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  • Yoyo, le 29/02/2008 à 10h36

    L'afrique aux africains d'accord.mais....gardons un oeil bienveillant car l'americain n'est pas loin,il a déja un pied sur le sol.parle en connaissance de cause cela fera mal à la france voir l'europe.

  • Michel, le 29/02/2008 à 08h55

    Bravo, laissons la place aux chinois qui arment l'Afrique source de matières premières et allons en Afghanistan donner un coup de main à Bush.

  • Dureau, le 28/02/2008 à 22h56

    Il faut être bien naïfs pour croire que la France partie, l'Afrique sera aux africains. La Chine est déjà en train de mettre la main sur toutes les ressources naturelles et eux ne s'embarrassent pas d'une opinion publique tatillone. S'il faut soutenir un dictateur pour avoir de l'acier, pas de problème. je pense que la France et les pays européens sont un moindre mal pour l'Afrique. Cela dit, on ne peut pas effectivement jouer les gendarmes. Mais il faudra être vigilant quand on partira...

  • Sandro Guido, le 28/02/2008 à 21h06

    Si les soldats français pouvaient emporter dans leurs bagages, les présidents despotes et pseudo-démocrates imposés aux africains, ce serait du pain béni pour le développement de l'Afrique.

  • Yves, le 28/02/2008 à 21h04

    Il faut dire aussi qu'il aura besoin de soldats pour aller jouer aux cotés des ricains en Iran... ALors autant rapatrier un maximum de soldats pour les envoyer au casse-pipe....

  • Béatrice, le 28/02/2008 à 19h44

    Bravo! nous n'avons pas intervenir sur le continent africain il faut mettre les politiques africains face à leur devoirs vis à vis de leur pays.

  • Michel, le 28/02/2008 à 19h21

    Enfin des économies, qui pourront rapporter si les investisseurs suivent. Pas gagné.

  • Regis, le 28/02/2008 à 18h36

    Bravo, on fera des economies, en hommes et en argent !

  • Nouchka, le 28/02/2008 à 18h22

    Enfin nos militaires vont pouvoir rentrer à la maison. Ces opérations sont bien au dessus des moyens financiers de la France

  • alain, le 28/02/2008 à 18h17

    Très bonne idée ont en as marre de payer avec l argent du contribuable des dictateurs pour permettre à total de faire des profits pour ses actionnaires . Alain

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