Des dizaines de milliers d'habitants de N'Djamena ont pris la fuite vers le Cameroun © DRLes autorités tchadiennes ont appelé mardi soir à la télévision les dizaines de milliers d'habitants de N'Djamena qui ont fui les combats depuis samedi à "revenir immédiatement" en l'absence désormais de "menace". Le commandant des opérations de l'Armée nationale tchadienne a lancé cet appel lors du journal télévisé de 20h, qui a marqué la reprise des émissions de télévision interrompues depuis samedi, quand les rebelles tchadiens se sont affrontés aux forces gouvernementales au coeur même de la ville qu'ils ont quittée dimanche dans l'après-midi.
Près de 20.000 Tchadiens se sont réfugiés au Cameroun pour échapper aux combats, a indiqué mardi le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) affirme qu'au moins "30.000 personnes auraient déjà fui" N'Djamena. Plus de 3.000 Tchadiens se sont également réfugiés au Nigeria voisin, selon
des responsables nigérians de l'immigration.
Les rebelles, qui ont attaqué N'Djamena au cours du week-end ont accepté mardi le principe d'un "cessez-le-feu immédiat". Dans la capitale tchadienne, régnait toujours un calme précaire mardi. Pour la deuxième journée consécutive, aucun combat n'était signalé.
Sarkozy : "si la France doit faire son devoir (au Tchad), elle le fera"
"Il n'y a pas eu d'aide directe au combat" a répondu mardi Bernard Kouchner, depuis l'Assemblée nationale. La France est favorable à un "cessez-le-feu" au Tchad, a déclaré le ministre des Affaires étrangères. Une option prônée par la rébellion mais rejetée par le gouvernement tchadien. "Pour cela nous continuerons de remplir nos obligations qui ne comportent pas d'aide directe aux combats", a poursuivi le chef de la diplomatie française.
Lundi, la France avait indiqué espérer "ne pas avoir à intervenir plus avant" militairement. Mardi, le président Nicolas Sarkozy a été plus ferme, en affirmant que "si la France doit faire son devoir (au Tchad), elle le fera". Des déclarations consécutives à l'adoption par le Conseil de sécurité de l'ONU, lundi, d'une déclaration non contraignante, dans laquelle il appelait "les Etats membres à apporter leur soutien au gouvernement du Tchad". "L'armée française n'est pas là pour s'opposer par les armes à qui que ce soit, mais maintenant qu'il il y a une décision juridique du Conseil de sécurité (...) la France aurait, au conditionnel, les moyens de s'opposer à cette action contraire aux règles du droit international", a ajouté le président français.
Au total, 1182 ressortissants étrangers ont été évacués du Tchad vers Libreville depuis le début de l'opération de l'armée française samedi. L'Union européenne a annoncé mardi avoir débloqué 2 millions d'euros pour venir en aide aux réfugiés et aux personnes déplacées. La Croix-Rouge française a lancé mardi un "appel d'urgence aux dons" afin de financer le déploiement imminent d'équipes médicales au Tchad et de matériel de première nécessité au Cameroun qui accueille des milliers de réfugiés tchadiens, estimé à un million d'euros.
(D'après agences)
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