
Les troupes gouvernementales du président Idriss Deby et la rébellion s'affrontent pour la deuxième journée consécutive dans la capitale tchadienne, N'Djamena. Des tirs de canons de chars ainsi que des tirs d'armes automatiques ont été entendus en provenance du centre ville où est située la présidence tchadienne. Selon le ministre de la Défense Hervé Morin, le chef d'état-major tchadien était décédé dans les combats. Des tirs d'armes lourdes ont notamment été signalés en provenance du palais présidentiel, où se trouverait toujours le président tchadien. Craignant des victimes civiles, l'armée gouvernementale a demandé aux habitants d'évacuer cette zone.
Samedi, les rebelles ont pris d'assault la capitale, qu'ils ont réussi à faire tomber en seulement quelques heures, encerclant la résidence du président tchadien. "Idriss Deby peut se rendre s'il le souhaite", assure un responsable de la rébellion. Mais le président tchadien ne semble pas vouloir laisser la rebellion s'emparer du pays : vendredi, la France aurait proposé de le faire sortir du Tchad si sa vie était en danger, mais Idriss Deby aurait réfusé, affirme dimanche une source proche de l'Elysée. "Cette proposition d'aide est toujours valable", a-t-on précisé de même source.
Le Soudan derrière les rebelles ?
Alors que la situation est plus qu'incertaine sur place, les ressortissants français et étrangers qui le souhaitent sont évacués par l'armée française vers le Gabon. Environ 400 personnes ont déjà pu quitter N'Djamena (lire notre article). La France a par ailleurs "mis à l'abri" ses avions de chasse dans d'autres aéroports, dont celui de Libreville, au Gabon.
La bataille de N'Djamena coïncide aussi avec le début du déploiement de la force européenne dans l'est du Tchad et en Centrafrique. Le chef de la diplomatie tchadienne a d'ailleurs accusé le Soudan d'être derrière l'offensive des rebelles, avec pour but d'empêcher l'arrivée de l'Eufor et de fermer toute "fenêtre" sur le Darfour. Conséquence des affrontements, le déploiement de la force est "suspendu jusqu'à mercredi", a précisé dimanche Hervé Morin. Mais le ministre de la Défense a souligné que "personne" n'avait l'intention de renoncer à cette opération.
Les 3700 hommes de la force européenne, dont 2100 Français, sont censés d'ici à fin mai protéger les réfugiés du Darfour ainsi que les déplacés internes tchadiens et centrafricains, soit 450.000 personnes au total. Ce double déploiement militaire français au Tchad, avec des missions totalement différentes, place Paris dans une situation diplomatique délicate, vis à vis des Européens partenaires de l'Eufor, et du régime qui pourrait succéder à celui d'Idriss Deby s'il venait à tomber.
D'après agence
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