L'armée française au Tchad © LCIAlors que la capitale tchadienne N'Djamena est en proie aux insurgés (lire notre article sur la situation sur place), l'évacuation des ressortissants étrangers a commencé samedi soir. L'état-major des armées français a en effet annoncé qu'un premier avion a décollé samedi vers 22 heures de l'aéroport de N'Djamena avec à son bord 75 ressortissants étrangers évacués à destination de Libreville, au Gabon. "Quelque 900 personnes ont gagné les trois points de rassemblement ouverts à N'Djamena avant d'être ramenées vers le camp Kossei des forces françaises qui jouxte l'aéroport", a précisé le capitaine de vaisseau Christophe Prazuck, de l'état-major. "Pour l'heure, environ 400 d'entre elles souhaitent être évacuées et nous effectueront autant de rotations que possible entre N'Djamena et Libreville pendant la nuit", a-t-il ajouté. L'état-major n'était toutefois pas en mesure de préciser immédiatement la nationalité des premiers ressortissants étrangers concernés.
Sur France 3, le ministre français de la Défense Hervé Morin a précisé que les ressortissants évacués seraient d'abord transportés en Transall jusqu'à Libreville avant de regagner Paris à bord d'un Boeing 777 affrété par la France. Le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner a lui annoncé sur France 2 que l'armée de l'air devrait effectuer "plusieurs rotations" dans la soirée. Samedi après-midi, quatre appareils militaires français étaient arrivés sur l'aéroport de N'Djamena pour les opérations d'évacuation. La veille, l'ambassade de France avait demandé aux ressortissants français de se regrouper sur trois sites de N'Djamena, pour une éventuelle évacuation. Environ 750 personnes se trouvaient dans ces points de regroupement à N'Djamena samedi soir, parmi lesquelles 500 souhaitent quitter la ville, selon le Quai d'Orsay.
"Pas de mouvements de populations"
Un peu plus tôt, le ministre de la Défense assurait toutefois "il n'y [avait] pas de mouvements de populations et de menaces à l'égard des Européens". Cependant, avait-il dit, "la situation est très incertaine sur le terrain et nous prenons donc les précautions nécessaires. Nous sommes en mesure de procéder à l'évacuation si cela s'avère nécessaire". Pour protéger les ressortissants français, cent cinquante soldats français supplémentaires sont par ailleurs arrivés samedi dans la capitale, "ce qui porte à 1450 le nombre des soldats français" au Tchad dans le cadre du dispositif Epervier, selon l'Etat-major des armées. De son côté, l'ONU a annoncé samedi l'évacuation de l'ensemble de son personnel de la capitale du Tchad N'Djamena.
L'armée française est présente dans ce pays depuis 1986 avec les 1100 hommes du dispositif Epervier, déjà renforcé dans la nuit de jeudi à vendredi par plus de 100 soldats venus de Libreville pour assurer la sécurité des ressortissants français. Epervier est doté d'avions de transport, de reconnaissance et de combat. Le ministère indique mettre un numéro d'appel gratuit (n°vert) à la disposition des personnes souhaitant avoir des informations sur des proches se trouvant au Tchad. Il s'agit du 0 800 174 174.
D'après agence
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