Bacar demande l'asile politique en France

le 29 mars 2008 à 12h51 , mis à jour le 29 mars 2008 à 21h04

Le président déchu de l'île comorienne d'Anjouan, qui était poursuivi pour être entré illégalement en France après avoir été renversé, a été relaxé samedi.

Le président déchu de l'île comorienne d'Anjouan, le colonel Mohamed BacarLe président déchu de l'île comorienne d'Anjouan, le colonel Mohamed Bacar

Le président déchu de l'île comorienne d'Anjouan, le colonel Mohamed Bacar, et ses hommes ont été relaxés samedi par le tribunal correctionnel de Saint-Denis de La Réunion. Le tribunal a déclaré nulle la procédure à l'encontre de l'ancien président, qui était poursuivi pour être entré illégalement sur le territoire français le 26 mars à Mayotte en possession d'armes de guerre, en raison d'un vice de forme.

Pour annuler la procédure, le tribunal s'est en effet rangé à l'avis de l'avocate de  la défense, qui avait mis en cause la prolongation de la garde à  vue du colonel et de ses hommes dans la nuit de vendredi à samedi, au commissariat de Saint-Denis. L'avocate avait estimé que cette prolongation constituait une "atteinte aux  droits de la défense", aucun acte de procédure n'ayant été établi après qu'elle eut été décidée. Le secrétaire d'Etat à l'Outre-mer Yves Jégo a annoncé que le parquet de Saint-Denis allait faire appel du jugement.

Le colonel Bacar et ses hommes avaient été placés en garde à  vue dans la nuit de jeudi à Saint-Denis, après leur arrivée dans un transall de  l'armée de l'air française. Leur garde à vue avait ensuite été prolongée samedi et selon le procureur de la  République, cette prolongation leur avait permis de "bénéficier  de la présence d'un médecin et des avocats".

"La France doit nous rendre Mohamed Bacar"

Malgré la relaxe, le colonel Bacar et ses hommes ne seront toutefois pas remis en liberté, puisqu'ils font l'objet d'un arrêté préfectoral de reconduite à la frontière avec assignation à résidence. Le secrétaire  général de la préfecture de La Réunion a toutefois souligné que la procédure de reconduite à la frontière était  "suspendue, dans l'attente de l'examen de la demande d'asile" politique en  France par les officiers de l'Office français de protection des réfugiés et  apatrides (Ofpra), déposée par le colonel Bacar et ses hommes. Une décision dénoncée par le ministre comorien de la Justice Mourad Said Ibrahim, qui accuse la France de "dérouler le tapis rouge" au président déchu.

L'ancien homme fort de l'île comorienne a été renversé mardi après avoir tenté de faire sécession avec le reste de l'archipel des Comores. Mercredi soir, il a pris la fuite et a trouvé refuge sur l'île française de Mayotte, provoquant la colère des autorités locales qui ont réclamé son extradition. "Nous avons notifié à la France que nous voulions que le colonel Mohamed Bacar et tous les rebelles en fuite soient extradés aux Comores", a déclaré vendredi le ministre des Affaires étrangères, Houmadi Abdallah. "Nous avons rappelé aux autorités françaises que les mandats d'arrêt international à leur encontre sont toujours en vigueur", a-t-il souligné. La population manfiesté contre la France : près d'un millier de personnes ont défilé vendredi à Moroni, brandissant des pancartes sur lesquelles on pouvait lire : "La France doit nous rendre Mohamed Bacar", "France dégage", "la France hors des Comores". Les manifestants accusent la France de protéger Mohamed Bacar.

D'après agence

le 29 mars 2008 à 12:51
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Monde
  

1 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • J-Yves, le 29/03/2008 à 19h14

    Ce qui est bien avec la justice francaise juge non pas par le crime mais lpar le vice de forme. Ca encourage a ne pas respecter la loi et des qu'on est poursuivi, pas la peine de chercher des temoins.. Faut juste dire "Vice de forme"...

Lire tous les commentaires

      logAudience