Le centre de rétention de Vincennes © TF1Le conflit a éclaté à partir de deux cas de reconduite à la frontière. Deux cas jugés inadmissibles par le Gabon, qui a menacé la France de réciprocité, et souligne désormais que "beaucoup de Français" en situation irrégulière sur son sol pourraient être reconduits aux frontières. Selon le ministre gabonais de l'Intérieur, sur les 10.000 personnes que représente la communauté française au Gabon, "5 à 10%" ne seraient pas en règle avec la réglementation gabonaise.
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Le premier cas qui a déclenché les foudres de Libreville concerne Léguy Mbira. Arrivé en France en 1998 en tant qu'étudiant, il a obtenu un Master en ressources humaines à l'Université de Reims en 2004 et cherchait depuis, affirme-t-il, à rassembler 5000 euros pour s'inscrire dans un MBA d'une école privée. Il avait renouvelé ses inscriptions universitaires depuis. Agé de 32 ans et père d'une fille de 4 ans restée en France, il avait parallèlement entrepris des démarches pour changer de statut pour pouvoir honorer un contrat de travail à durée indéterminée. Expulsé de manière express, après un court passage en centre de rétention, sans que ses droits aient été respectés, selon le ministère gabonais des Affaires étrangères, il n'a pu revoir sa fille qui a été récupérée à sa sortie de l'école par la soeur de sa compagne congolaise.
"Des plaintes récurrentes de Gabonais"
L'autre cas évoqué par les autorités gabonaises est celui de Raïssa Mengue Ondo, une étudiante en droit à Toulouse reconduite le 19 février en raison de "l'absence de sérieux des études de cette jeune femme (7e inscription pour une licence de droit - formation normalement diplomante en trois années)", selon la préfecture de Haute-Garonne. Libreville, qui compte parmi les principaux alliés de Paris sur le continent, juge ces reconduites contraires à un accord bilatéral conclu en 2002. "A ces violations s'ajoutent les plaintes récurrentes des Gabonais excédés par la survivance de tracasseries et de nombreux refus de visa, parfois abusifs, au consulat de France à Libreville".
Facteur aggravant dans ce contexte déjà tendu, France 2 a diffusé lundi un reportage sur l'important patrimoine immobilier du président Bongo en France. Selon des procès-verbaux publiés en janvier par Le Monde, il disposerait de trente-trois appartements ou maisons dont un hôtel particulier de 18 millions d'euros à Paris. Le ministère gabonais des affaires étrangères a "exprimé son étonnement sur la diffusion par l'audiovisuel d'Etat d'un dossier qui a fait l'objet d'un non-lieu de la justice française pour infraction insuffisamment caractérisée". Et il estime que cette diffusion, s'est faite "au mépris" des "intérêts mutuels, de l'excellence des relations qui lient" la France et le Gabon, alors que "le Gabon est toujours demeuré un allié sûr pour la France".
"Dans ce contexte", le Gabon "réfléchit actuellement à la suite à donner aux relations franco-gabonaises", a annoncé mercredi le gouvernement à l'ambassadeur de France à Libreville, convoqué par la Chancellerie gabonaise qui lui a remis une "note de protestation". Un Français venant travailler dans le secteur pétrolier a déjà été refoulé, mardi soir, à son arrivée à l'aéroport de Libreville.
D'après agence
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