Les six membres de l'Arche de Zoé devraient être transférés en France © DR![]() |
| La réaction de Gilbert Collard |
La grâce des six Français membres de l'Arche de Zoé était annoncée comme imminente. C'est chose faite. Le président tchadien Idriss Deby a signé lundi le décret graciant les six humanitaires français, condamnés en décembre au Tchad pour avoir tenté d'exfiltrer 103 enfants vers la France. Selon le ministère français de la Justice, la remise en liberté des six Français devrait intervenir "dans les heures qui viennent". "Le Président de la République a reçu le décret de grâce qu'il a immédiatement retransmis à la ministre de la Justice", précise un communiqué de l'Elysée. Le président de l'ONG Eric Breteau, sa compagne Emilie Lelouch, écroués à Fresnes près de Paris, le médecin Philippe Van Winkelberg, les logisticiens Alain Péligat et Dominique Aubry, dispersés dans d'autres prisons, et l'infirmière Nadia Merimi, hospitalisée à Villejuif, devaient donc retrouver la liberté dès lundi soir.
Selon Gilbert Collard, l'un des avocats des membres de l'Arche de Zoé, Eric Breteau et sa compagne Emilie Lelouch vont ensuite "mettre à profit" leur liberté "pour faire entendre (leur) vérité". "Cette liberté, on va la mettre à profit pour faire entendre notre vérité qui jusqu'à présent n'a malheureusement pas été entendue comme on l'espérait", a-t-il insisté. Mais la grâce "arrive peut-être un peu tard", a estimé l'avocat de l'infirmière de l'association, même s'il se "réjouit de cette mesure".
6,3 millions d'euros
Le 6 mars, après avoir reçu la demande de grâce, Idriss Deby avait dit qu'elle interviendrait dans un délai d'un mois, tout en réclamant qu'une "solution" soit auparavant trouvée à la question financière. En plus de leur peine de huit ans de travaux forcés, commués à leur retour en France en huit ans de prison, les six Français avaient en effet été condamnés à verser "solidairement" 4,12 milliards de francs CFA, soit 6,3 millions d'euros, aux familles des 103 enfants, qui n'ont encore rien reçu. "La question financière n'est pas concernée par la grâce", a précisé lundi le ministre tchadien de la Justice.
Le président tchadien a également signé un autre décret, qui concerne le Tchadien Mahamat Dagot, un chef de quartier de Tiné, ville frontalière du Soudan, condamné à quatre ans de prison pour "complicité de tentative d'enlèvement d'enfants". La dernière personne condamnée dans cette affaire, Souleïmane Ibrahim Adam, un Soudanais qui a servi d'intermédiaire dans la région tchadienne d'Adré, n'a lui pas été gracié "car il n'en a pas fait la demande", a déclaré le ministre tchadien de la Justice.
L'enquête française se poursuit
Les six Français avaient été arrêtés le 25 octobre à Abéché, principale ville de l'est du Tchad, alors qu'ils s'apprêtaient à faire embarquer à bord d'un Boeing 757 les 103 enfants, présentés à tort comme des orphelins de la région soudanaise voisine du Darfour en guerre civile. Le 26 décembre, ils avaient été condamnés par la Cour criminelle de N'Djamena à huit ans de travaux forcés pour "tentative d'enlèvement d'enfants". Deux jours plus tard, ils étaient transférés en France, conformément à une convention bilatérale.
Malgré cette grâce, les membres de l'Arche de Zoé restent sous le coup d'une enquête française. Après leur rapatriement, Eric Breteau, sa compagne et assistante Emilie Lelouch, le médecin Philippe van Winkelberg et le logisticien Alain Péligat ont été inculpés notamment pour '"aide au séjour irrégulier de mineurs étrangers en France". L'infirmière Nadia Merimi et l'autre logisticien, Dominique Aubry, ont pour leur part été entendus avec le statut de témoin assisté.
(D'après agence)
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